
Comment cohabiter avec ce qui échappe à sa maîtrise ?
Et cette douleur d’âme qui travaille le corps dont il accompagne le voyage, auquel il pourvoit sa subjectivité. Il voudrait en faire quelque chose. La dire peut-être, l’extraire par expression. Est-elle si inconfortable qu’il faille réagir ainsi dans l’urgence ? Ne serait-il pas possible d’entendre cette voix sourde, de la porter dans la lenteur et le poids qui la caractérise ? Peut-être ses mots sont-ils des larmes ? Un cri ? Un souffle ? Peut-être a-t-elle besoin d’être entendue, adressée, peut-être le soliloque ne lui suffit-il pas ? Peut-être n’a-t-elle pas besoin d’être comprise, peut-être a-t-elle plutôt besoin d’être sentie ? Peut-être serait-elle apaisée d’être sentie par un autre, reçue par celui ou celle qui, en la recevant, lui donnera une voix, un sens d’exister, une résonnance de vie ?
Il y a des frissons qui parcourent le corps, des sanglots qui font de remous dans les vagues d’os, une pellicule d’eau qui recouvre l’iris. Il n’y a rien à comprendre, il n’y a pas de problème à résoudre. Il y a à sentir et à mettre en relation, à communiquer. Il y a à grandir, à gagner en justesse de rapport à soi, à conscientiser la complexité de soi. Pour un « être bien » qui serait être ce qu’on est, là où on est, avec tous nos paradoxes et nos infirmités, nos maladresses et nos enfermements. Avec la possibilité d’amour, malgré tout ?





Commentaires