Samedi 13 octobre 2007

RC.jpg

Yeux aveugles au présent, ouverts mais voilés par l’image d’un souvenir, une photographie mentale qui bouge un peu, à peine, l’impression de réalité mêlée au sentiment de rêve. Parmi l’infinité des images accumulées au fond de soi, celle-ci émerge maintenant. Ils reviennent, ils sont là, les regards échangés, les mots dits, les sensations, les gestes de ce jour lointain. Un bref moment, quelques secondes au sein d’une journée perdue dans le passé, dont l’empreinte se manifeste pourtant si vive à l’esprit, si nettement dessinée. Tout d’un coup, quelqu’un rayonne puissamment dans la pensée, par l’inattendue reviviscence du lien rompu. Elle se rend visible ainsi, l’indéfectible présence de ceux qui nous ont accompagnés de près.

Il y a des photos, des lettres, autant de restes tangibles, palpables. Mais il y a surtout des habitudes, des connaissances, des façons de penser, des préférences – chacune plus discrètes mais bien moins fragiles : vestiges qui résistent au temps. Dans la bibliothèque faite de chair et de tissus, on trouvera toujours dans un coin, une malle remplie des choses partagées, échangées, apprises ensemble, l’un de l’autre, l’un avec l’autre. Autant de bagages dont on ne peut se défaire, qui sont là, comme rangés dans les cellules, circulant dans le sang, l’autre ayant, par les impressions qu’il nous a faites, définitivement influencé un geste, un savoir, un besoin, une exigence. En traçant des chemins dans les réseaux fibreux qui permettent notre pensée, nos sentiments, nos valeurs, il s’est assuré une petite place au royaume de notre durée. Nul n’échappe à ces présences diffuses qui continuent de l’accompagner en silence.

Ils restent là, transformés, nos intimes d’autrefois, même si réduits aux indices de leur passage. Phosphorescences intimes qui portent ou pèsent, empêchent ou émancipent, suivant l’usage.

par complexus publié dans : Melancholia
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Jeudi 11 octobre 2007
Fleurs-bleues.png

 

Construire l'univers, maintenant, tout de suite. Sans plus attendre. Soirées sous les étoiles, autour d’un feu, de la musique, des couleurs, des fleurs, des arbres, de l’herbe, des couchers de soleil, des potes, des filles, du ciel, de l’air, du vent, de la pluie. Frotter ma peau contre l’écorce terrestre. La lenteur sensuelle d’une présence à l’instant. La sagesse de soigner ce lien intime. Sortir d’un certain usage de l’existence, de cet état de conscience mal orienté. Voir la poésie, la beauté, la phosphorescence, la luminosité, voir cela avant tout le reste.

Oublier d’un profond oubli cette sagesse politesse gentillesse molle propre policée. Revenir à la poésie simple, brute, rugueuse, imparfaite, impertinente, une poésie à la Fante, une poésie dans la vie. Du bordel, du foisonnement organisé. Poésie sur la route, poésie du voyage, poésie hallucinée, à la Cendrars.

Reconquérir la conscience large. Renaître enfant sauvage, en vacances des autres, de leurs regards, de leurs séductions. Etre celui qui s’en fout, le nonchalant. L’homme de la mer, l’homme nu, l’homme tranquille. Résider au beau milieu du Grand Calme. Se foutre la paix, une fois pour toutes. Un retournement des valeurs, une transformation des finalités : le pour quoi n’est pas la reconnaissance, le pouvoir, l’inquiétude des capacités, mais le partage, la mise en commun, l’échange. Passer du fonctionnement stratégique, opérationnel au mode de l’amour, de l’acceptation, du sensible.

Il faudra que la nonchalance soit plus viscérale, pour que l’ambiance s’installe, qu’elle prenne corps, qu’elle prenne possession. Mais finalement, les visites sont jouissives d’être des visites, le passage tient tout son goût d’être passage. Seulement, elles drainent des valeurs si fondamentales, ces lignes de cœur, qu’il est bien difficile d’observer avec quelle malignité la distance s’est installée, une fois de plus. Heureusement, c’est d’en fleurer les essences volatiles qui les font revenir au front des pensées. Un bon signe : la côte n’est pas loin.

par complexus publié dans : Beat Attitude
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mardi 9 octobre 2007

Automnale.jpg


Là où les autres me voient. Là où exister commence, précisément parce qu’ils me voient. Besoin d’immersion, d’entourage, besoin d’être cerné, pris par ces présences environnantes qui, en tissant leurs besoins, créent un réel dans lequel mes propres besoins peuvent s’enraciner. Je les sens, je les vois, je les sais, je sais qu’ils sont là et que si je n’adapte pas l’expression de mon être à quelque chose qui peut être senti, vu, entendu, reconnu, je n’aurai pas ma place. Et c’est cet enjeu d’altérité qui, en exigeant la mobilisation de mon énergie, m’en fournit l’alimentation fondamentale. C’est également cet enjeu d’altérité qui en limitant mes gestes, leur pourvoie un espace de liberté.

Dans tout cercle d’initié, il y a des critères d’adoption, des clefs d’accès sans lesquelles les portes ne s’ouvrent pas. C’est qu’il faut savoir y mettre la forme et la substance, c’est qu’il faut acquérir le métier. A force de labeur et de désir, la forme et la substance finissent par arriver, même si rien n’est jamais définitivement gagné, l’effort et l’amour des gestes semblent permettre un développement idoine à leur épanouissement. Heureusement. Cependant, il reste à franchir une étape sur laquelle le pouvoir personnel à moins d’emprise : l’autre, son intérêt, sa franche attention. Plaire donc. Sans séduire, sans tricher – sinon d’une consciente et lucide façon, en visant un but au-delà de l’étape. Authentiquement plaire. Comment plaire authentiquement sans agir authentiquement ? Comment parvenir à l’authenticité de la rencontre, sans y mettre quelque chose de soi qui soit authentique ? Un accord intérieur de cohérence. Sans absolu à vrai dire, mais sur le bon côté d’un continuum intime, dont seule l’intériorité est à même d’évaluer la tonalité.

C’est en étant au centre de la préoccupation fondamentale personnelle qu’on donne le meilleur de soi-même. Mais rien de ce qui est fait en parallèle n’entame ce travail, ne lui retire de la valeur. Au contraire. Au contraire. Une question de mesure, de senti, de clairvoyance… L’infini déchiffrage d’une complexité qui conditionne et permet notre liberté. Qui la permet en la conditionnant, qui la conditionne en la permettant.

par complexus publié dans : Cheminements Intérieurs
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Lundi 8 octobre 2007

paume-totem.jpg

A travers les stores baissés, le soleil se faufile entre les fines lamelles
Et dore en couches empilées les volumes d’airs brassés de chaleur.
Au rythme d’une musique, mes gestes ralentissent leur cadence,
Tandis qu’en face de moi se dresse une paume.
La main devant le visage je me souviens…

Petite sœur d’autrefois
Dont le visage s'éclipsait,
Petite sœur affichant sa main entre elle et nous, entre elle et le monde.
Comme un écran de cinéma sommaire, une toile à images,
Sa petite main se dressait gentiment et balançait tel un pendule, hypnotisant son regard.
Elle semblait y suivre le déroulement d’histoires fascinantes.

La paume ouverte,
Je redécouvre ce geste oublié, enfoui depuis si longtemps aux confins de ma mémoire.
Je te revois, petite sœur, en face de moi, perdue derrière ta main,
Dodelinant de la tête et bercée par ta rêverie secrète,
Animant avec innocence les marionnettes de ton théâtre intime.
Ton geste, comme sorti d'un songe, m'apparaît maintenant
Aussi attendrissant qu’inquiétant dans son étrange beauté.
Je nous entends encore, père, mère et frère, te sommant d'arrêter,
T’obligeant à baisser cette main folle qui nous volait ta présence.
Bien peu conscient de notre émoi, de notre inconfort, de notre peur irréfléchie.
Nous étions mal à l’aise devant cette étrangeté totale, cette incompréhensible manifestation de ta différence.
Nous étions prisonniers de notre inquiétude, séparés de notre tendresse,
Et nous n’avons pas su venir vers toi, chercher le sens de ton rêve.
Je me demande aujourd’hui ce que tu nous aurais raconté,
Si nous t’avions simplement demandé : que vois-tu ?
Que voyais-tu ?

Elle était si jolie avec sa main ouverte et ronde qui dansait devant son visage,
Qui ne s’arrêtait pas de balancer, comme pour éviter que les images ne disparaissent.
Elle avait un murmure que j'entends encore, comme une incantation, une prière.
S’adressait-elle ainsi à ses personnages secrets ?
Peut-être leur demandait-elle alors de l'emmener dans leur pays lointain,
Là où sa bouche étrange et son esprit malhabile ne l'empêcheraient pas de parler comme les autres,
Là où tous la comprendraient enfin…

 

A travers les stores baissés, le soleil tranche l’air en fines lamelles dorées,
Et glisse dans les couches d’ombre empilées des volumes d’airs brassés de chaleur.
Devant mon visage, se dresse encore une main
Qui oblige mon regard au souvenir de celle dont le visage se dessine sur ma paume

Petite sœur de toujours, petite fée d'un autre monde.

par complexus publié dans : Melancholia
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Samedi 6 octobre 2007
Vision-par-brise.jpg


Des considérations orgueilleuses ont profité d’un besoin pour amplifier leur voix. Elles l’ont parasité comme des sangsues, aspirant l’essence authentique du mouvement pour en faire une liqueur enivrante et trompeuse. Dans l’élan qui poussait au changement, des forces malignes se sont glissées et ont ravi l’intention première pour y subtiliser leur propre dessein. Elles ont puisé dans les blessures d’estime des ressources d’attention, elles y ont dansé leurs charmes séducteurs et ont fait tourner la tête. L'égo séduit par leur chanson ensorcelante, les frustrations de surface pensaient trouver le réconfort dont elles vantaient les délices.

C’est le son creux des gestes qui mit la puce à l’oreille. L’agitation fébrile et insensée qui, une fois disparue, abandonnait l'être dans un espace vide de sens. Soudainement, il s'est comme réveillé d’un mauvais rêve. La lumière née dans le temps d'arrêt a dévoilé la mascarade. Maintenant, le contact perdu avec le motif premier des gestes pouvait être reconquis en se concentrant sur l'origine de l'élan.

Le nombre de lecteurs n’a pas d’importance. C’est la qualité des lectures qui est essentielle. Sans fidélité sinon celle de leur intérêt, sensible avant tout, exigeante pour le fond, espérante pour la forme. Transparente et généreuse dans son retour. La générosité n’étant pas la caresse, mais bien la vérité donnée.

par complexus publié dans : Meta-Complexus
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Vendredi 5 octobre 2007

Table-chaumont-cprss---copie-1.jpg

Assis là, entouré de personnes que je connais sans connaître, dans une chaleur immédiate, qui m’est accordée par pur penchant d’âme, renforcée par l’expérience des sympathies partagées. La joie simple d’être en bonne compagnie. Une joie simple mais non évidente. C’est qu’il se fait rare ce délicieux abandon, cette subtile détente d’être. Paisible présence au milieu des semblables, qui pose son souffle de joie sur le front et rafraîchit l’âme. Au moment où celui-ci arrive, au moment où il caresse le visage et éclaire l’intériorité, la conscience sursaute et s’émerveille, pose un regard tendre et content sur cette scène d’humaine communauté.

Il y avait cette tonicité du corps et de l’esprit, portant une voix libre et sûre, ne rencontrant aucun des obstacles qui parfois rendent l’expression malaisée, difficile, incommode. Certaines qualités d’accueil vous rendent à vous-mêmes, vous ouvrent des espaces de confiance et d’aisance. Ce sont des moments de confort, de sereins fragments d’existence qui ressourcent en profondeur les réserves de vie. Il est des territoires où la force n’a pas à se mobiliser pour vous tenir, et qui, permettant l’émergence du fragile, vous rendent à votre spontanéité.

Pour peu que la conscience s’amuse à embrasser l’ensemble des événements, elle voit distinctement l’étincelle qui singularise cette étape. Une petite lueur sur le long parchemin, balise d’un moment particulier, souvenir d’une transe heureuse qui survint lors de cette rencontre d’apparence anodine. Le sentiment reste privé, souvenir déjà, dont l'empreinte lumineuse se dépose ici, commel'indice mémorable d'un moment vécu avec bonheur.

par complexus publié dans : Cheminements Intérieurs
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Jeudi 4 octobre 2007


Quand parler suffit, parce que l’écoute propose un reflet. Se voir dans un miroir n’est jamais sans incidence. Mais pourquoi l’écoute suffit-elle parfois au changement ? Quelle force cachée dans cet autre qui ne dit rien mais qui semble comprendre et qui permet le passage ? Aucune. Pas celle qui déclenche le mouvement du moins. Il est là, il écoute, il acquiesce. Il dit deux mots qui confirment qu’il a compris l’essentiel de ce qui est dit. Sans conseils, sans avis, sans évaluation. Il accueille, il reçoit. Il n’a pas la solution, alors il se tait. Et c’est ainsi que la solution vous arrive. Durant les heures qui suivent le partage, quelque chose qui travaille et qui avance. Ce qui était coincé, laissé à l’abandon, négligé, se voit pris en charge par des mains bienveillantes, toutes intérieures et secrètes, qui œuvrent au bien-être fondamentalement espéré. Une puissance de vie qui se tend spontanément, sans l’aide d’aucune volonté, vers un meilleur équilibre. Souvent l’être ne lui accorde guère de confiance, parce qu’elle est discrète, nébuleuse et lente, trop lente pour le guérir du malaise comme il le voudrait, comme il l’attend d’une médecine. Et tout ce qu’il fait pour accélérer le mouvement n’a bien souvent pour seul effet que de rallonger sa peine et d’amplifier son impatience. Il lutte contre au lieu d’aller vers. Résistances pourtant légitimes d’un être dont l’identité est chère et qu’il ne troque pas sans de longs et subtiles marchandages intimes.

Se voir dans un miroir n’est jamais sans incidence. La conscience de soi qui surgit au moment du reflet dans le verre moiré n’est peut-être pas très différente de celle qui émerge du face à face avec autrui. L’une se préoccupe davantage du physique, l’autre du psychologique, mais elles impliquent toutes deux l’être dans sa dimension globale – psycho-physiologique donc. Cette conscience mobilise l’être d’une singulière façon. C’est une image qui ne le laisse pas indifférent, bien moins que celles qu’il se construit tout seul. Il ne peut plus s’ignorer, et il se voit tel qu’il se montre. Il s’est entendu parler, il a entendu son problème comme d’une voix extérieure, la sienne retournant à ses oreilles par le truchement d’une écoute. Soudainement, il existe doublement. Tous ses besoins et désirs en sont comme amplifiés et confirmés. Ils sont lourds d’un poids inédit, d’une gravité considérable. Par la résonnance qu’ils ont trouvée dans la concavité d’accueil, ils sont enrichis d’harmoniques qui obsèdent et possèdent l’être d’une nouvelle façon, d’une nouvelle intensité.

 

Ce n’est pas un jeu de surface qui a lieu. Ce ne sont pas des processus anodins, ni magiques d’ailleurs. Là, au fond, se noue et vit l’ultime enjeu de notre cohabitation terrestre, de notre croissance humaine. C’est la même inquiétude fondamentale qui préoccupe celui qui a eu besoin d’être écouté que celui qui cherche à vivre en communauté de paix : la vie, voire parfois la survie, symbolique et/ou réelle, identitaire et/ou somatique. Et le moteur autour duquel s’enroulent ces processus n’est rien moins que la quintessence même de notre condition  aux termes paradoxaux et complémentaires : solitude et altérité, égoïsme et altruisme. Je reste indéfiniment seul en complète dépendance d’une altérité, sans laquelle ma solitude perd son sens, c’est-à-dire sa frontière identitaire, sa santé, sa capacité d’habiter le monde dans une signification partagée, du moins partageable. Mon égoïsme ne peut être pleinement satisfait que dans la mesure où il considère celui d’autrui et s’y indexe, sûr de ne pas détruire l’équilibre précieux des relations dont il a besoin.

Ecouter n’est donc pas une mince affaire. Il est au cœur du labeur humain celui qui – comme d’autres attelés à d’autres tâches – offre son écoute, il participe à la grande œuvre humaine, celle de l’évolution essentiellement chaotique de notre mystérieuse et réelle présence.

par complexus publié dans : Cheminements Intérieurs
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mercredi 3 octobre 2007

Nuages.jpg

Cette voix qui parle seule dans la nuit, elle s’adresse à moi. Je la reconnais. Une année réduite à rien. L’année qui vient de s’écouler, soudainement disparait. C’est ce visage que j’ai connu. C’est bien ce visage.

Certaines expériences tranchent dans l’histoire des parts qui s’intègrent difficilement au cours du récit. Elles ont une telle densité, elles sont si folles en couleur, elles sont si singulières qu’il est bien difficile de les accorder au reste. Et peut-être que leur façon de prendre l’apparence d’un rêve permet de mieux supporter la retenue et l’humilité de tout ce qui les entoure : il n’y a pas concurrence, la comparaison n’est plus possible. Il y a un an, des semaines qui s’évanouissent sous la main du souvenir, images impalpables, sentiment d’irréalité qui perdure, me vole les sensations ressenties de façon si impressionnante. Je n’ai pas su à l’époque, je ne savais pas le nom de ce dont j’étais l’objet.

La tête baissée, j’entends cette voix et je la reconnais immédiatement, à l’instant où je la reçois. Proche et distante. Proche dans ce qu’elle évoque d’un épisode, distante dans sa réalité devenue, son retour à l’étrangeté. Mais proche encore dans les mots qu’elle porte, une allusion à ce qui fut connu, une connivence, non intime, mais tout de même, une allusion qui dit l’ancien, qui fait un pont, qui annule l’année écoulée en une fraction de seconde. L’aisance immédiate retrouvée, même si ma voix tremble un peu, mal assurée, le corps inquiet malgré la sagesse de l’esprit.

De chaque rencontre, pour peu qu’elle touche, il y a quelque chose à apprendre. Quelque chose sur soi. Qui n’est pas donné, qu’il faut activement comprendre, saisir. Et qui permettra de mieux rencontrer les autres, mieux les accueillir, mieux les recevoir, mieux les aimer. Ce que j’ai appris il y a une année a marqué un changement radical dans mon existence et ma personne sans pourtant rien n’y changer. Ce n’est pas mon existence qui a changé, c’est le récit que je construis pour en assurer la cohérence. Ce n’est pas moi qui ai changé, c’est la représentation que je me fais de ma personne. Dans le récit, j’ai dû marquer cette étape, qui établit un avant et un après. Avant, il n’y avait jamais eu ça, après je savais dorénavant que ça pouvait exister. En ma personne j’ai découvert un potentiel d’ouverture insoupçonné. Les deux – l’être et son existence – ont dû apprendre la même leçon : vivre sans ce qui avait été dessiné de possible et d’imaginable.

Une fois qu’elle est passée, l’année passe si vite. La voix que je reconnaissais m’a fait comprendre qu’une année s’était écoulée, avait disparu à jamais. Je n’étais donc plus le même. Et cette voix que je reconnaissais, je ne pouvais pas prétendre la réduire à ce qu’elle m’évoquait de connu. L’année comprimée en fraction d’instant n’en avait pas moins tracé de sa longueur chacune de nos personnes. La parenthèse que notre rencontre avait ouverte s’était fermée il y a un an. Tout avait changé. C’était d’une nouvelle ponctuation que la voix introduisait le récit à venir. Il n’y avait pas continuité, ce n’était en rien une suite logique. Nous n’étions plus ceux qui s’étaient rencontrés il y a un an. Nous étions ceux qui se rencontraient à l’instant.

par complexus publié dans : Melancholia
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mardi 2 octobre 2007

Entrer en résonnance sur le thème d'un être soi. Sans trop raisonner. Tel est le but.
Articuler la complexité d'une réalité simple en apparence. Sans croire tout maîtriser. Telle est l'aspiration.
Décliner poétiquement les façons dont l'identité humaine y trouve son chemin. Sans chercher à tout dire. Tel est le défi.


Un fragment réalisé de ce projet fera le plaisir de son élan.
Dédié aux belles heures perdues à rêver le monde.
Aux gestes passionnés inspirés de ces mêmes rêves.






par complexus publié dans : Meta-Complexus
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander

Complexus ?

  • : L'être soi en errance existentielle
  • complexus
  • : D'humeurs en états d'âmes, par les mots et les images, raconter le quotidien d'une rencontre sensible avec soi-même, autrui et le monde... Décliner poétiquement les façons dont l'identité humaine trouve son chemin dans la complexité d'une existence... En cherchant à traduire fidèlement le vécu intérieur, proposer un écho ouvert où chacun puisse entendre ses voix intimes...
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Commentaires

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus