Toute la réalité qui échappe au contrôle, s’abat comme guillotine sur la tête des images prévues. Aléas qui invitent à nier, effacer, déformer le tissu qui forme un vécu et ses expressions.

            La résistance aux pressions aliénantes, c’est l’épure constamment ravivée : constamment menacée.

            Le prix à payer pour l’heureuse connivence, la coïncidence des regards et des impressions,  la fidèle reconnaissance d’un fragment d’être partageable. L’accident communicable. Il faut du bruit pour faire une musique, il faut des errances pour faire un chemin.



Publié dans : Fragments
Mardi 31 mars 2009

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Le concert des évidences fait son remugle.
    Parachutés là
    aveugles et courroucés
    nus d’emphase à péricliter.
        Sur le sol. Bas terre.
Le tome deux, l’entrée fugace, ton ombre s’agite et tu tends les bras vers le grand œuvre.

        Partout s’agitent en douce les tentacules, s’agrippent à ton bras les veinules. D’inerte puérile, de lances et de javelots, nous jouons à nouveau, de tous les instruments simultanément, grand œuvre n’ai-je pas dit, goélettes pointées vers l’autre continent.
    Ils ont beau dire, belle parole, beau langage, vétustes architectes pour de vétustes phrases, avec quel art l’amphigourique s’éprend de ce qu’il ne dit pas. Elles vibrent parallèles dans ma tête je les attrape et les jette là. J’ai seulement l’œil ouvert, la langue floue et je marque chaque passage d’un signe qui leur ressemble. Nous n’ignorons pas combien d’insouciance il faut. Nous soulevons des pierres pour découvrir des pierres. Nous crions contre le ciel pour transcender nos misères, chimères, rivières de voix étranglées. Nous nous demandons par quelle manière d’astuce, quel ouvrage aura rendu aujourd’hui différent d’hier. Nous aimons tendrement nos points morts de vision. Nous chérissons nos plaies et le sel dont elles s’immolent à contre-jour. Nous en redemanderions de ces pacotilles d’ivresse, de ces penchements de surplomb par-dessus bord, quand la lumière dégueule sur la page, quand la couleur viole les marges et tombe à nos pieds, rendue répandue.
    Folle allure. L’échancrure d’un chemisier sur le marbre d’une peau.
    Sous le ciel. Terre basse à cueillir.
Le tome deux, l’odeur musicale de ta question.
    Où te promènes-tu maintenant ?


Publié dans : Paroles retournées
Mardi 31 mars 2009

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A la façon qu’ont les jours de rattraper ton temps, on les croirait tous secrètement liés pour t’emmener loin de ce qui te déroute. La grande force installée au creux de tes cellules fait sa loi, son ignorance, son bal. Danse petit Homme, danse, bientôt tu toucheras les étoiles. Ton doigt sera-t-il de chair ou d’éther ? ---- J’ai entendu qu’on servait, sur un plateau de bois, de l’autre côté des ignorances, toute une vie. J’ai longuement attendu qu’on me parle, doucement, au creux d’une coquille nacrée, de cette outre si grosse que mille êtres peuvent y boire indéfiniment. Le jardin vous reçoit, parait-il, sous une pluie couleur d’ambre, des lianes polies caressant le front de vos fièvres. Sous les pieds chauffés par la matrice tiède, terre féconde, l’on marche sur un roulis d’escargots aux coquilles d’or et d’argent ---- Quand l’esprit s’accorde à trouver la partie belle, quand la vibration d’intime sourit bêtement, de ce beau sourire d’enfant qu’enchante la simple lumière des choses. Etincelles et picotements sous l’épiderme pour qui peut entendre au loin le murmure d’une chanson, du bout des lèvres le cœur timide qui lance au ciel un air.


Publié dans : Carnet d'observation
Lundi 30 mars 2009

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Nous n’éclatons pas sans cracher quelques veines, sans calquer l’espace de feuilles de verre et d’embruns. Les poumons voilent l'air, l’haleine en fétide arrogance de foie. Tes tripes dans le placard ne renoncent pas. On s’indigeste à venir ainsi secouer un semblant d’annonce. Il faut des territoires, remugle rouge et boyaux d’ignition, toutes tripes dehors. Hors-d’œuvre pour les monstres, toute la boustifaille qui remue au fond du sang, dans l’arène, le cirque ouvert, ils se jettent gueule ouverte sur la bidoche. Dans la marre gluante, les pestilences d’immondice, ça mord dans le tas, ça s’arrache des morceaux d’intestin, des bribes de poumons repliés, ça suce la bile et les humeurs, et les bulles collantes leur éclatent entre les dents sales. Toutes morales suspendues, nous plongeons la main vers le sac de nœuds et de poches éventrées, les chairs moirées et chaudes glissent l’une dans l’autre, entrailles répandues aux sons moelleux, l’odeur aride griffant ton nez jusqu’à l’os, retournant le cœur d’un trait, toute la saloperie de viscères qui chante et célèbre sa morbide robe de grenat. L’œil chancelant plante ses crocs dans le caoutchouc visqueux, mâche sa vomissure en se tenant l’estomac. Nous n’irons pas loin sans cette nausée, tu ne connaîtras pas ton vrai visage sans remuer l’horreur vertigineuse qui se joue sous tes pommettes douces, ta lisse joue d’innocence.


Publié dans : Carnet d'observation
Lundi 30 mars 2009

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Je pourrais voir au contour de nos âges l’ampleur d’une silhouette confuse et sereine.
La neige tomberait de tes cheveux en perles de soie, diaphanes éclairs de mon trouble.
Il y a entre ton cou et ton menton, cette fragile pièce de vélin où s’est écrit un pan de ma destinée.
Je vois déjà avec quelle divine animalité j’aurai pour tâche d’en déchiffrer les signes frêles.
Au carrefour des âmes qui se reconnaissent tu épelleras le nom d’un vertige, notre alliance.
Le souvenir de cette ellipse me hante déjà, lune d’éternité qui embrasse chacun de mes mouvements.
Il y a entre ta nuque et ton oreille, cette mince peau de parchemin où s’écrira un pan de mon histoire.
Je devine sans peine avec quelle simplicité d’esprit je prendrai soin d’y tracer mon étourdissement.
Nous pourrions être sous le chapiteau d’éther comme l’unisson final des chairs, l’ultime accord.
L’entente d’une naissance commandée par-delà nos entendements, intimes convictions d’instinct.
Je pourrais pour cela cueillir une à une les météores de ta préférence, en faire un collier d’espace.
J’irais sans doute aux confins de l’être auquel j’échappe encore, fondant les pas de mon cheminement.
Sur quel joyau me conduiras-tu, par quelle limite saurai-je entrer en l’homme de plénitude ?

Publié dans : Théories d'improbable
Dimanche 29 mars 2009

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Sur les dunes d’oubli, nous jouerions comme deux enfants du soleil, resplendissants.
La lumière caresserait tes jambes et sous le nombril épanché ta respiration.
Graciles, soutenus par le vent immortel, nous serions le baiser de l’existence, l’oraison charnelle.
Je chercherais toujours et encore, dans un rire, la parole sans laquelle ton frisson se meurt.
A vue d’oiseau, pas une branche où se poser pour le long vol éperdu de mon désir.
Viens là, sous l’aisselle nue, poser le ruisseau de tes baisers, l’ombre de ton regard.
Il n’y a pas assez d’infini pour que s’étende à l’aise mon souffle alangui, ma sueur folle.
Pas assez d’infini pour contenir le poison des yeux qui dévisagent tendrement ta bouche.
Les couleurs pourpres et longues sur les herbes couchées aux vagues lentes – un ventre aimé.
Sous la peau tendue de mauve et de bleu délivrant la brise laiteuse d’immense – un ventre aimant.
Je continue de croire aux horizons, détenus d’attente, soupçons de nos délivrances, graves.
Et tu continues d’exister, à l’abri des jours qui connaîtront cet indicible lien d’ensoleillement.



Publié dans : Théories d'improbable
Dimanche 29 mars 2009

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