Toute la réalité qui échappe au contrôle, s’abat comme guillotine sur la tête des images prévues. Aléas qui
invitent à nier, effacer, déformer le tissu qui forme un vécu et ses expressions.
La résistance aux pressions aliénantes, c’est
l’épure constamment ravivée : constamment menacée.
Le prix à payer pour l’heureuse connivence, la coïncidence des regards et des impressions, la fidèle
reconnaissance d’un fragment d’être partageable. L’accident communicable. Il faut du bruit pour faire une musique, il faut des errances pour faire un chemin.
Publié dans : Fragments
Mardi 31 mars 2009
0
A la façon qu’ont les jours de rattraper
ton temps, on les croirait tous secrètement liés pour t’emmener loin de ce qui te déroute. La grande force installée au creux de tes cellules fait sa loi, son ignorance, son bal. Danse petit
Homme, danse, bientôt tu toucheras les étoiles. Ton doigt sera-t-il de chair ou d’éther ? ---- J’ai entendu qu’on servait, sur un plateau de bois, de l’autre côté des ignorances, toute une
vie. J’ai longuement attendu qu’on me parle, doucement, au creux d’une coquille nacrée, de cette outre si grosse que mille êtres peuvent y boire indéfiniment. Le jardin vous reçoit, parait-il,
sous une pluie couleur d’ambre, des lianes polies caressant le front de vos fièvres. Sous les pieds chauffés par la matrice tiède, terre féconde, l’on marche sur un roulis d’escargots aux
coquilles d’or et d’argent ---- Quand l’esprit s’accorde à trouver la partie belle, quand la vibration d’intime sourit bêtement, de ce beau sourire d’enfant qu’enchante la simple lumière des
choses. Etincelles et picotements sous l’épiderme pour qui peut entendre au loin le murmure d’une chanson, du bout des lèvres le cœur timide qui lance au ciel un air.
Publié dans : Carnet d'observation
Lundi 30 mars 2009
1
Nous n’éclatons pas sans cracher quelques veines, sans calquer l’espace de feuilles de
verre et d’embruns. Les poumons voilent l'air, l’haleine en fétide arrogance de foie. Tes tripes dans le placard ne renoncent pas. On s’indigeste à venir ainsi secouer un semblant d’annonce. Il
faut des territoires, remugle rouge et boyaux d’ignition, toutes tripes dehors. Hors-d’œuvre pour les monstres, toute la boustifaille qui remue au fond du sang, dans l’arène, le cirque ouvert,
ils se jettent gueule ouverte sur la bidoche. Dans la marre gluante, les pestilences d’immondice, ça mord dans le tas, ça s’arrache des morceaux d’intestin, des bribes de poumons repliés, ça suce
la bile et les humeurs, et les bulles collantes leur éclatent entre les dents sales. Toutes morales suspendues, nous plongeons la main vers le sac de nœuds et de poches éventrées, les chairs
moirées et chaudes glissent l’une dans l’autre, entrailles répandues aux sons moelleux, l’odeur aride griffant ton nez jusqu’à l’os, retournant le cœur d’un trait, toute la saloperie de viscères
qui chante et célèbre sa morbide robe de grenat. L’œil chancelant plante ses crocs dans le caoutchouc visqueux, mâche sa vomissure en se tenant l’estomac. Nous n’irons pas loin sans cette nausée,
tu ne connaîtras pas ton vrai visage sans remuer l’horreur vertigineuse qui se joue sous tes pommettes douces, ta lisse joue d’innocence.
Publié dans : Carnet d'observation
Lundi 30 mars 2009
0
Echanges