Quand j’ai reçu son message, quand j’ai vu son nom s’afficher sur le petit écran, déjà mon cœur a dû accélérer, sans que je ne m’en rende compte. Je n’ai pas fait gaffe, mais mon cœur a du s’emballer un peu sur le coup, je n’ai même pas pris le temps d’apprécier, j’ai ouvert son message. Peut-être que j’avais peur, peut-être que je ne pouvais pas apprécier ce temps suspendu de découverte, de stupeur devant le message reçu sans s’y attendre. Peut-être que j’ai eu peur de tout ce qui pouvait s’y trouver, assez peur pour ne pas m’en rendre compte et vite sauter sur les mots qui se cachaient à l’intérieur. Surtout ne pas recevoir cette peur. Vite recevoir les mots.
En quelle joie répondra-t-elle ? De quelle présence s’originera-t-elle ? A côté de mon réel, s’interroge mon songe de ces questions farfelues, inquiètes, jouant avec le soleil qu’elles convoitent tant, mais qui est encore sous l’horizon. Elles, fabuleuses, le voient déjà là-haut, culminant, tirant sur les fils de lumière qui s’annoncent pour le soulever déjà, l’emmener là où il n’est pas. Et je sais ce jeu, et je sais la souffrance où il me mène, et pourtant il m’enroule dans ses stratagèmes, louvoie sous ma sagesse et me fait perdre le fil de ce qui sait patienter devant ce qui n’est pas encore. Je n’ignore pas combien se manipule ainsi ma fébrilité, celle qui casse au moindre choc et me plonge dans l’angoisse et le défi, celle qui m’absente du lieu où je réside en fait, sans plus bien le savoir, sans plus y être tout à fait, où tout commence à m’échapper – à commencer par ma corporalité.






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