Enfin du vide, de l’espace, des bouts d’airs libres, du jeu dans les articulations géométriques de la chambre, du paysage, du ciel. Tout de suite, la respiration souffle un coup. Un grand OUF libérateur. Clavicules descendues, épaules déposées dans la poitrine, mâchoire molle et béate. Toujours ces petites tranches creusées dans la chair tendre des jours, à coups de ciseaux, à coups de pieds et d’humeurs, à coups de chansons et de cris, à coups de caresses et d’entorses. Pas lâcher la prise, monsieur, tenir bon, puis ouvrir la main, c’est le monde qui bascule, cul par terre, jambes en l’air, tête de con. Voilà. Il fait les cents pas, il apprécie la distance, il balance les bras, grands larges ouverts, qui ne buttent contre rien du tout, il y a de la place pour s’étendre, pour danser, pour culbuter. On pourrait même s’envoler. Se laisser porter par le courant. J’ai pris le ruisseau qui descend la jolie vallée, sur mon radeau d’aventure, et les pierres n’arrivent pas à m’arrêter, les chutes ne parviennent pas à me désarçonner, les eaux mortes me reposent plus qu’elles ne m’ennuient. Matin clair, soir torride, nucléaire implosion aurorale, à midi toujours pousser la voix pour féliciter le soleil qui est parvenu au somment, une fois de plus, dans l’après-midi ramer doucement et cueillir le fruit au bout de la branche, à l’aube piquer une tête en frôlant les poissons et les algues, sécher ma peau aux premières ardeurs célestes, contre la cuisse ferme et fraiche d’une nymphe immatérielle, sortie des eaux dans un miracle, au son des gouttes perlant de son talon. Dévalant toujours plus loin, sur les roues fragiles de mon embarcation, ravi des découvertes sans cesse renouvelées, râlant quand même quand elles écorchent l’épiderme et ternissent le cœur, plutôt content quand ça fait danser les genoux et les hanches. Toujours prêt à recommencer.










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