17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 09:18
Intimes abondances / 2

Soir. Hôtel. Trop roulé mais chambre moins chère. 30 euros. J'ai encore un peu de peur dans les mains, celle de ces virages qui m'arrivaient dessus à toute allure, sautant de la nuit sur la route sans avertir. Sous les draps du lit, de la place pour presque n'importe quoi, un bout de viande juteux, une langue facile, deux peaux complices. Je mange le sel de ma pensée. J'observe et m'interroge sur les histoires. Ce n'est ni une chambre d'amour, ni une chambre de meurtre. Éventuellement une chambre de suicide: un poison silencieux, discret. Monde minuscule où l'intimité dort nue. Une grande armoire en bois foncé, un sommier en métal sous le matelas en cuvette, des draps rigides, une tablette sur laquelle se déplace un morceau de marbre froid. La présence de l'évier dans le coin: une grâce de vieillesse. J'apprivoise. Poser mon sac là, ma veste comme ça, mettre ça sur la chaise. Rituels invisibles. Je note tendrement ceux de Danièle: sa signature.

L'ennui n'a plus guère de place. Avant d'aller dormir, pendant que lire la suite

Partager cet article
Repost0

commentaires

CONNEXUS

/////////////////////////

Grand plaisir d'échanger ici
               ↓↓↓


 

/////////////////////////


Une envie de me lire sur papier ?


 

/////////////////////////