Samedi 9 février 2008
Nouvelle-image--53-.jpg

Au moment où l’entour s’éteint, comme un ressort qui lâche, des craintes enfouies qui sautent, une ouverture s’élance pour happer le monde, s’y lancer complètement, mais ce n’est plus l’heure. Etrange répétition d’une semaine à l’autre, ressemblance troublante entre les deux préludes aux jours fermés. Comme une voix qui n’oserait sortir qu’au moment où elle est sûre de ne pouvoir être entendue que par son possesseur, où l’adresse impliquerait trop de conséquences qui échappent au contrôle et font peur. Systématique mise en branle d’un refrain qui dompte l’élan quand il pourrait s’emballer, quand il pourrait porter et ouvrir la voie. Mais maintenant que l’œil y a mis le doigt, se fermera-t-il à nouveau le piège ? Trouvera-t-il le moyen de persuader la raison qu’il n’est pas sage d’écouter ce débordement ou la laissera-t-il sereine pour que l’audace m’emmène par-delà mes inquiétudes, mon avarice de temps, ma réticence à laisser ce qui n’est pas sûr de plaisir et de sens me prendre tout de même ? A nul moment ce système ne saurait étouffer l’identité, quand au contraire c’en sont les résistances qui empêchent de s’approvisionner en de nouvelles poches d’air ! Mais le changement est long parce qu’il n’est pas décision ni volonté, il est nature mouvante, opération secrète de la vie qui fait son ouvrage à l’allure qui lui sied, il est attente sereine aux douloureuses crises dont seul l’esprit fait des catastrophes en se projetant là où il veut arriver, sans comprendre qu’il arrivera là où il n’aurait pas songé un instant se trouver.

par complexus publié dans : Retour au monde communauté : Briser la solitude.
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Samedi 9 février 2008

Nouvelle-image--8-.jpg

Tous gestes portés dans le vent, peu sûrs d’atteindre leurs cibles. Le corps engouffré dans ce mouvement de perte. Chute dans son emportement désœuvré. Brasse l’air en vue d’une brindille de sens qui passerait entre ses doigts et rencontre l’absence, tout ce qui échappe à son intention. Et qui retourne sans cesse l’attention sur soi, empêche l’oubli joyeux de son visage, s’afflige d’y voir la même tension vers l’incertain. Jusqu’à ce que peut-être l’insupportable bascule la retenue, fasse faire le grand saut, tente la peur à son propre voyage. Aller trop loin donne plus d’indices que la réserve et la circonspection. La prudence trouve sa vertu dans le risque. A être strictement dans le juste, on y manque peut-être d’insoupçonnées circonférences, autant d’extensions laissées dans l’ombre d’une confortable morale. C’est en fautant que la faute devient sensible, expérience à partir duquel réagir, s'a-juster. Agir dans le pensé manque la vie.

par complexus publié dans : Retour au monde communauté : Briser la solitude.
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Vendredi 8 février 2008
Nouvelle-image--52-.jpg

Dire encore la même chose ? Le même poids de passage en sous-bois, l’espoir d’une clairière, d’un évasement soudain de l’espace ? Les mêmes mots qui reviennent, qui rabâchent la bouche en répétition pénible, fatigante. Que dans l’arrêt tout va de travers et que si le zigzague dicte le rythme de l’avancée, il est pourtant moins désagréable. Faut se supporter tout le temps, et c’est pas drôle tous les jours. Oh les petites ficelles qu’on lance, bouclées d’hameçons souriants, et qu’on ramène en se lacérant la paume. La force qu’il faut y mettre, sans cesse, la saisie de soi sans aide aucune, en poignet chevillé aux confiances usées mais opiniâtres, fécondes un jour, fécondes un jour, fécondes un jour… Il y a ces moments où la patience est totale et la ressemblance au vieux bonze des montagnes rend l’âme contente, l’harmonieuse image dans le reflet de granit convient à tous les angles de vue. Puis il y a ces jours où c’est l’usure qui l’emporte, la rage aux dents, canines sorties prêtes à mordre le tout venant pour un rien, chien méchant qui tourne en rond sur son territoire, pisse dans tous les coins, jappe au moindre bruit et creuse son trou en grognant, la griffe pétrie de l’espérance pour l’os convoité. Champ retourné, petits monticules de terre laissés à l’abandon qui témoignent de l’échec, tas de cailloux juste bons à se casser les dents, à se rompre l’espoir, à se ruiner le moral. Patience, calme, persévérance, sublimation, transformation, respiration. Merde ! Merde ! Non ! Vas-te faire voir avec ta zénitude et tes élévations de sens, je t’en foutrais moi des perspectives spirituelles et des encens de détachements. Ça te fait peur, ça te dérange, ça te rabaisse, ça t’insupportes que je m’emporte ?! Il est où le problème ? Je râle un bon coup et après je me sens mieux. Ca m’expulse la bile des organes, ça me nettoie les artères, ça me vidange les humeurs, y a rien de tel ! Et j’en reviens aux ondulations sereines, la veine purifiée, le sang désintoxiqué. Mais je n’ai plus besoin de ces grands vides, de ces espaces sans murs, sans signes, il me faut de la démarcation vivante, il me faut des voix qui disent non, des corps qui disent oui, j’envisage autrement tout ce qui est contenu dans les présences entremêlées, maintenant que le cœur est connu, maintenant qu’il y a reconnaissance, conscience et respect, tout devient possible, ce n’est plus comme cet absolu de désert qu’il fallait conquérir avant tout retour aux êtres. Ce n’est plus comme à l’époque où il fallait raser les murs, tenir à distance, éviter et nier, quand la table aspirait à faire place nette, avec l’obsession d’un autre soi dans l’épure d’un monde neuf, la torture d’être là où il n’y avait pas d’écho de soi, là où rien ne faisait sens sinon le désir de ne plus y être. Maintenant il en va de l’usage du monde pour donner à ce désert encore désirable la vie qui lui manque pour n’être plus mortifère, maintenant c’est avec les autres qu’il y a équarrissage et polissage, quête de plénitude, partage des terres oniriques et alliance pour les projets fous et les grandes démesures d’âme. Ce qui a été trouvé dans la grotte, la bille transparente traversée tel un prisme par la lumière décomposée et qui réside dans une sorte de profondeur d’intimité, ce petit trésor de vérité, ce petit rapport d’amour retourné, cette bulle d’évidence sentie, elle peut servir enfin au plus beau des voyages, qui me semble être celui d’après la quête première, quand commence la participation.

par complexus publié dans : Retour au monde communauté : Briser la solitude.
ajouter un commentaire commentaires (7)    recommander
Jeudi 7 février 2008

Nouvelle-image--51-.jpg

A la méchanceté du jour, je vole une parcelle de tendresse, négligemment posée dans sa main jaune et bleue. Dans son indifférence froide, à partir d’un fragment de beauté, je m’invente un royaume chaud et doux pour m’envelopper de son atmosphère protectrice. Je me réfugie, je déserte le réel, je me cache sous les nappes d’étrangeté au monde civil, je l’ignore, plein de poétique arrogance, je le défie de me trouver, de m’atteindre. Expatrié dans une ivresse de caféine, les yeux irradiés par l’incandescence des couleurs qui s’exposent dans le ventre dilaté du ciel, je provoque le contact à la vie sublimée, j’attise mes nerfs de coups de sang, de poings d’images, de lames venteuses venues d’ailleurs, des confins de tous les enchantements perdus, évanouis dans la mort ou le temps passé, de tous les enchantements espérés avec la ferveur de l’obsédé. De la plaine à la montagne, de la cime aux océans, des glaciers aux forêts vierges, j’appelle la nature de mon corps, qui circule comme une âme errante, hagarde au milieu des cités de pierre et qui geint en murmures précipités sa soif d’un ruisseau aux reflets émaillés, d’une grande étendue de verdure dansant avec les courants d’airs aux senteurs de résine et de baies sauvages. Et soulagé par les mots dont je m’entoure, j’avance obstiné dans ce tunnel sans destination, enrobé de mon souffle qui cherche l’odeur du monde subtile, de l’évanescence du sentiment amoureux pour réveiller la chair, reconquérir les dunes en haut desquelles les bras cherchent à s’agripper aux nuages, à caresser leurs bedaines rebondies, à grimper sur leurs dos cotonneux. Intéressé seulement par les domaines de vie où l’on peut entendre le sifflement continu de ce qui nous dépasse et qui nous impressionne à nous rendre muets. Plus encore par ceux où ma peau n’est plus seule, où ma voix échoue son langage dans l’alcôve d’une adresse chère à mon histoire, où mes gestes peuvent faire don de leur intention à une personne qui ne leur a rien demandé mais qui leur procure ce léger tremblement de passion et d’étourderie.
par complexus publié dans : Retour au monde
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Jeudi 7 février 2008
Nouvelle-image--50-.jpg

Dans le scintillement de mille pépites à la surface du cours d’eau, mes yeux voient autre chose que cette rivière bien connue. Eblouies par le millier d’étincelles qui ricochent sur les vaguelettes, mes pupilles se ferment et me font doublement mal. Il y a ce trop plein de lumière et il y a ce trop plein d’émoi. Pourrais-je retrouver le nom de la rivière que je vois à l’intérieur et qui n’est pas celle qui m’aveugle ? La voiture dans le parking de terre battue, première halte sur la route qui descend au Sud, sortis de l’autoroute, sous le soleil écrasant d’un beau midi. Du coffre, nous avons tiré les matelas gonflables que nous venions d’acheter, excités comme deux enfants, comme deux pirouettes de rire et de connivence. Souffler à s’en faire tourner la tête, déjà saoules du sentiment de liberté reconquis. Peut-être n’étions-nous pas si bien que je veux le croire aujourd’hui. Pourtant la mémoire est désirable, suscite la belle espérance, la douceur de sentiments rejoints. C’est égal. Après, il y a une main qui me tient par la cheville peut-être, ou par le bras, s’amusant à dériver ensemble au milieu de la grande flaque mouvante. Corps ouverts, corps offerts au grand bleu, dans la joie estivale des peaux exaltées par le contact à l’air et aux chaudes caresses d’une ancienne divinité. Le silence comptant les mailles de glouglous liquides et ponctué de nos échanges qui n’en reviennent pas : il y a deux heures nous étions de goudron et d’habitude et nous voilà d’eau et d’inconnu, perdus déjà dans la détente infinie d’un début de vacances. Ça ne dure pas bien longtemps, mais le retour est si puissant qu’il s’imprime et m’accompagne tandis que la rivière est dépassée, abandonnée dans le fond du chemin. Mais tu restes là, main posée sur mon bras, le visage lancé vers l’azur et l’humeur indolente sous tes paupières baissées, loin de tout, à côté de moi. Et je suis en manque d’un sourire qui me retourne les muscles, me tord l’échine, me renverse l’âme… Premier jour de voyage, première sortie pour humer cet air si particulier du temps rompu, de la parenthèse totale, dans ce temps qui nous sépare de la course à la construction de soi et nous rapproche d’un monde désinquiété de la place à gagner, à préserver et à défendre. Te trouves-tu parfois possédée par ces évocations qui te ramènent en pareilles contrées ? Es-tu rappelée comme moi par ces petits incidents du réel qui évoquent ce qui fut partagé ? Ou suis-je parfaitement seul dans le délire de ma pensée qui voyage et se perd, revient, disjoncte du présent. Il y avait ma plus grande jeunesse, la moindre urgence à arriver quelque part, une envergure démentielle de possibilités qui faisait respirer et paniquer, des ignorances douloureuses à ne pas savoir se reconnaître et se sentir, à se dénigrer les besoins et les limites ; il y avait de belles choses qui aujourd’hui prennent toute la place du souvenir et il y en avait de moins belles qui reviennent aussi de temps en temps, peinant ma pensée de remords et de honte même si grandement guéries, presque dépassées. Et il y a ce brouillard d’étoiles qui s’accrochent à ma rétine et m’interpellent, cette aura de flammèches blanches à laquelle j’accorde toute mon attention parce que je préfère la poésie de ma rêverie inutile aux occupations de mon isolement contraint. Vaine chanson que j’adresse à l’oubli, cherchant à traduire au mieux ce soulèvement d’âme, répondre de biais à l’appel du large, participer au grand conseil des mélancolies réunies, tranchant sur l’autel mon cœur que je remercie de battre encore, malgré tout.

par complexus publié dans : Retour au monde
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Jeudi 7 février 2008
Nouvelle-image--9-.jpg

Le besoin d’être contenu par quelque chose hors de soi.

Frontières et limites, espace clos, route marquée, signes directifs. Des repères d’invitations et d’impossibles, de choix et d’interdictions. Dans la contrainte de l’autre et du monde, trouver un espace habitable, un champ de possibles que je peux habiter parce qu’entouré de démarcations infranchissables. L’autre : de l’amante à l’institution, de l’ami à la santé, de la famille aux lois. L’amante et ses besoins, l’institution et ses règles, l’ami et ses exigences, la santé et sa fragilité, la famille et ses rites, les lois et leur intransigeance. Buter contre un mur et s’appartenir enfin, c’est à partir du contact abrupt aux choses que je peux réellement me définir, exister. C’est parfois dans la violence du refus et du rejet que je peux trouver les marques à partir desquelles mes mouvements ont un sens, une direction, une présence.  

Espaces mous et êtres sans contours font d’immatérielles substances contre lesquelles je ne peux ni m’appuyer ni me défendre ni me situer – sinon par l’évitement, la saine fuite.     

Le cadre de la fenêtre
Dessine une image.

La finitude des possibilités, la restriction des libertés, les empêchements de toutes sortes, tissés de notre constitutive dépendance à l’altérité, à tout ce qui n’est pas moi et par quoi précisément advient mon identité, proposent, disposent et imposent mille rencontres par lesquelles je peux enfin me sentir exister parce que c’est dans cette confrontation que je me vis en entité différente, différenciée, différenciable. Sinon, il y a confusion ou émiettement, chevauchement ou délitement, étouffement ou dispersion.

La borne qui m’interdit le passage me permet simultanément de ne pas me perdre. Ou de m’affirmer dans le dépassement, mais je sais alors que je dépasse quelque chose et par là-même je me définis à partir de ce que la borne me propose. Sinon je ne sais pas où je suis. Je ne suis nulle part.

par complexus publié dans : Retour au monde communauté : Briser la solitude.
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mercredi 6 février 2008
Nouvelle-image--49-.jpg

Les heures entières vouées à la sculpture des nuages, à l’écoute d’un ruisseau dans les veines de bois, les promenades immobiles pour cueillir dans l’amphore de chair ces musiques lancinantes dont la mélancolie me berce, le désir acharné d’échapper au règne solitaire et à l’expansion des territoires, à la lutte des pouvoirs et des puissances, le nébuleux sentiment de retrouver là des essences qui valent tous les ors de la planète, de me nourrir de substances subtiles plus nécessaires que tous les matériaux tirés du concret et du compréhensible. Confiance ébranlée toujours, vacillante de nature, en proie au doute continu de sa propre vérité, confuse, inintelligible, indicible, et pourtant parfois si sûrement sentie, si sensiblement présente et invariablement prodigue, si bonne et nourrissante d’une imperceptible manière, à peine communicable, mais dont les traces se retrouvent en toutes géographies et toutes périodes, traduite en mille langues et mille formes. 

Le sentiment océanique. L’état de poésie. L’émerveillement. L’activation dominante de l’hémisphère encéphalique droit. La transe hypnotique. La vision inspirée. L’émergence d’une perception holistique et synthétique. Les images d’une puissance intuitive. Le recueillement méditatif. La relaxation sophronique. La prédominance d’émission d’ondes cérébrales alpha. Entre veille et sommeil, la vigilance et la clarté d’un état de conscience altéré où les deux modes de fonctionnement, conscient et inconscient, ne font plus qu’un. 

Des yeux clos du Bouddha aux mains jointes du Prêtre, du pinceau tremblant du Peintre à la plume hésitante de l’Ecrivain, du rythme tranquille du Marcheur au souffle régulier du Penseur, des images oniriques du Rêveur Eveillé aux émotions du Chanteur Habité, de la concentration pleine du Lecteur Passionné à l’acmé orgasmique des Amoureux Transis, c’est un corps aux semblables articulations d’os, de chair et de sang qui plonge les êtres dans une claire et lucide torpeur, dont chacun fait l’usage qui lui convient, avec les outils de compréhension que lui sont rendus disponibles par sa culture, sa famille, son histoire, ses rencontres, ses choix conscients et inconscients…

par complexus publié dans : Retour au monde
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mercredi 6 février 2008

Nouvelle-image--47-.jpg

Depuis ici, se rend visible
- Tranchant le ciel -
La masse ténébreuse et opaque
Noire de pluie et d’ombre
D’un continent de nuages
Qui bouche toute perspective.
- Par dessus -
Noyé de flux solaires
La transparence bleue et légère
D’un ciel immense immaculé
Parcouru de gerbes gaies et blanches
Ouvert sur tous les possibles
Contenus derrière la tourmente.

 

Les nuages passent.
Le ciel reste.
Ultime demeure.

 

Avant de voir, il a fallu se mouvoir, bouger, mettre en mouvement le corps emmailloté de silence et de nuit, pour qu’enfin l’œil puisse saisir, par le geste accompagné, la matière des choses et que la parole naisse de leur rencontre. Une urgence des muscles, une agacerie des nerfs, des élancements d’os à peine perceptibles, naissants tout juste mais si fourmillants de vie, de présence à soi-même.

par complexus publié dans : Retour au monde
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mardi 5 février 2008

Nouvelle-image--45-.jpg
Après avoir vu "Into the wild"


Commencer la journée dans un balbutiement d’âme, le premier rayon solaire encore froissé par les brumes, perçant avec hésitation l’horizon revenu. Le goût inquiétant de l’éveil, si la pensée s’intéresse un peu aux implications d’un retour à la vie, la naïve joie et le regard éduqué, épaule contre épaule, solidaires.

Pour tout reconstruire et s’approprier.
Il a fallu partir et quitter.
Dans les plaines lointaines.
Ou entre quatre murs bien fermés.
Idem.
Poncer la planche comme équarrir sa propre chair et creuser de nouvelles lettres.
S’inscrire dans une histoire recommencée.

 

C’est dans ce désert immense
Aux dunes de steppes et d’oubli
Au milieu des lichens et des cassis
Réel ou tout intérieur
Mais nécessairement intérieur,
Qu’il fut possible.
L’éloignement de tout regard
Perturbant l’œil retourné.

 

Par la distance aux autres devenait possible une approche, une confiance, une sécurité, une affirmation. L’épure intime. C’est ici que je suis, c’est ce que je suis. Maintenant je savais. Nul bruit, nulle dissonance, nulle perturbation. Un espace délivré des assignations à être autre chose que sa propre vérité.

 

Longue et lente marche initiatique.
Jusqu’à la perte, aux frontières tremblantes de soi.
Jusqu’à l’épuisement, l’angoisse, la chute.
Face au vide déraisonnable.


Un dangereux voyage aux portes de l'émiettement, une errance de la délivrance, guidée par un instinct de survie qui pousse l'acèse jusqu’aux limites des ressources. Contact à l’ultime nudité pour être sûr de s’être débarrassé de l’étrangeté parasite, de l’innommable en l’intimité, parce que c’est de là que tout peut recommencer, quand tout a été brûlé, consumé, réduit en cendres et poussière, jeté au vent... Pour enfin renaître.
par complexus publié dans : Retour au monde communauté : Les chapitres de ma vie
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Lundi 4 février 2008

Nouvelle-image--43-.jpg

Plus que tout, c’est la densité de sens qui compte, dans le geste. C’est à elle que j’échappe quand la volonté, l’automatisme ou l’inquiétude s’empare de la mécanique d’être.


Accomplir l’espace vidé.
En amont de la pleine présence.
Laisser se faire la nullité d’esprit.


Créer assez de place à l’intérieur de soi pour que puisse s’y mouvoir une forme pure de vie, la parole suspendue, l’image que rien ne tient ni n’encadre, apparition spontanée que je ne dirige point, sinon par ce qui est au-delà de toute intention, de toute prise, de toute décision. Observer l’émission née de ce néant prêt à réagir, bain de photons en attente de l’onde frémissante, eau vive qui parcourra telle une essence l’échine imaginaire, dressera son écran aux évocations palpitantes. Présence indicible d’un principe premier, qui ne peut être qu’évoqué, dont seule l’allusion est à même de révéler la nature, par écho, résonnance, coïncidence harmonique.

Propos qui échappent à ma bouche.
Tissage sibyllin pour témoigner maladroitement,
D’un abandon, d’une délivrance, d’un recueillement.

Journée d’agir et de faire.
Obstinée l’attention sur sa cible.
Au monde et ne plus savoir y être.
En sortir et s’y voir parfaitement.
Mouvements paradoxaux nécessaires.
La prose de mes actes aveugles.
La poésie retrouvée dans l’acte contemplé.

Accompagné des sages orientaux, l’esprit et le corps réunis dans l’attention connue de leurs préceptes immémoriaux, l’intelligence de leur vision métaphorique, le petit dans l’immense, l’envergure dans le minuscule, rencontrant par culture juxtaposée les poètes occidentaux, la réalité du détail ouvrant sur celle de l’univers, comme autant de fractales qui d’un bout à l’autre cherchent et prennent le même sens par l’autre bout pour arriver à la jointure des mondes dont l’opposition n’est rien d’autre qu’une complémentarité, de l’intuitif et du cérébral, de la synthèse et de l’analyse, du découpage et du relié.

par complexus publié dans : Retour au monde
ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander

Complexus ?

  • : L'être soi en errance existentielle
  • complexus
  • : D'humeurs en états d'âmes, par les mots et les images, raconter le quotidien d'une rencontre sensible avec soi-même, autrui et le monde... Décliner poétiquement les façons dont l'identité humaine trouve son chemin dans la complexité d'une existence... En cherchant à traduire fidèlement le vécu intérieur, proposer un écho ouvert où chacun puisse entendre ses voix intimes...
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Commentaires

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus