Samedi 1 décembre 2007

lampad--re.JPG

Devant la gare, dans un coin, sous son manteau, la tête ronde.
Je lui fais un gros baiser de grand-frère en retard.
Déjà ces petits gestes, si simples, mais qui font les souvenirs impérissables.

Marcher au milieu des gens et tous ces regards qui se posent sur toi. Surpris, curieux, perdus dans leur sentiment d’étrangeté, d’incompréhension. Ma violence de les percevoir, comme ils me touchent encore, comme j’aimerais pouvoir te les épargner. Pour toi, c’est tous les jours, un éternel recommencement qui te renvoie à ta différence. Quelles défenses ? A quelles sources vas-tu puiser pour les supporter ? Un peu d’oubli certainement, un dose d’oubli quotidienne, le même qui nous empêche d’avoir invariablement conscience de nous-mêmes.

Mais je sais ta conscience, je sais ta souffrance de cette bouche difforme, de cette tête qui ne sait pas penser comme tout le monde. Je sais parce que tu me les as dîtes, plusieurs fois. Dans quelle impasse ne me suis-je pas trouvé alors : Que dire ? Comment réagir ? Comment soulager ça ? Comment donner sens à cette injustice totale ?

Par moments, n’arrivant plus à te suivre dans tes pensées tortueuses, désarticulées et mal prononcées, je décroche et je t’observe pour être sensible à autre chose. Ta voix, tes mots, tes gestes, tes mimiques. Je capte les émanations subtiles de ton être, dans un soudain désir de les imprimer, les préserver des sélections inconscientes de mon attention et les éloigner des morçures de l'oubli.

Sur le quai avant de prendre le train, je me disais que le café te faisait de l’effet. Tu parlais fort et sans t'arrêter, tu riais sans retenue, plongeant ta tête dans ma poitrine à chaque fou-rire de ton euphorie… Comme il est bon de te voir ainsi, sans la moindre inquiétude de l’entourage, juste vivante, rayon de soleil et d’émotion qui défie les codes de bonne tenue. Tu me rappelles la fillette rigolote que j’avais pour petite sœur il y a bien des années, extravertie, presque toujours de bonne humeur, avec laquelle je savais jouer, m’amuser. Et tu me fais rire comme à cette lointaine époque. Je me marre sur le quai avec ma petite sœur bizarre.

Une fois dans le train, je te guette, attendant que tu me jettes un dernier coup d’œil, pour se dire au-revoir d’un geste comme on le fait parfois. Mais rien, tu cherches ta place, une bonne place, peut-être avec un beau brun en face, ou la dame que tu as rencontré une fois durant ce même trajet et avec laquelle tu discutes – de quoi j’aimerais tant savoir, être une mouche au-dessus de vos têtes complices. Pas de dernier regard, tu es déjà retournée à ta vie, celle que tu mènes loin de ce que je connais de toi. Une jeune-femme à l’étrange identité qui se promène toute seule au milieu des regards maladroits, sans grand-frère protecteur à ses côtés. C’est bien comme ça que tu vis maintenant, depuis plus de dix ans. Je ne réalise pas toujours pleinement. Va falloir que je m’y fasse…

par complexus publié dans : Cheminements Intérieurs communauté : Etre pour les autres.
ajouter un commentaire commentaires (6)    recommander
Dimanche 25 novembre 2007

Branches-eau.jpg

Elle ne se reconnaît plus sur les photographies. Puis soudainement, elle se retrouve. « Ben là ce visage, je vois que c’est à peu près moi… » C’est à peu près moi. L’âge et les accidents, les zones touchées qui dysfonctionnent. Son mari lui montre les lieux visités il y a plus d’une décennie. Rien, pas le moindre souvenir. « C’est affreux non ?! » dit-elle sans réel apitoiement, avec une sorte de surprise catastrophée, presque dans un rire de dépit.

Je rentre. Je n’ai qu’à descendre, pourtant mon vélo pèse plus lourd qu’à la montée. Réveil des appétences de voyage amoureux, d’errance à deux. Je ne me souviens plus de mes dernières vacances accompagnées.

J’ai moins peur de la mort que de la vieillesse. La mort, une fois qu’on y est, ça ne peut que bien se passer. La vieillesse, c’est moins sûr.

Quand il manque encore des pièces essentielles, quand certaines expériences n’ont toujours pas pu combler les espaces vides du grand puzzle, le début de la fin est d’autant plus pénible à envisager.

J’en connais un qui l’attend tranquillement, la Camarde. Un voisin. Ce qu’il y avait de bon à prendre sur le chemin a été englouti avec un appétit des plus voraces, sans se priver, sans s’emmerder à coup de scrupules et d’obligations, maintenant c’est plus l’heure. Le crépuscule bien avancé, il attend qu’elle y mette le capo, une dernière note, une belle ronde avec plein d’harmoniques qui s’étiolent dans l’atmosphère, avant de s’éteindre et de passer la partition aux prochains.

Je partirais bien sur la route, là, je m’achèterais bien un bus pour y poser un matelas, un plan de voyage et une compagne, et « hop-là » comme dirait ma grand-mère, en route mademoiselle, allons voir du pays.

par complexus publié dans : Melancholia
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Jeudi 22 novembre 2007
Juste pour gérer mes catégories...
par complexus publié dans : ANCIENNES CI-DESSOUS
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Dimanche 18 novembre 2007
Racines-clr.jpg

Je suis sorti de la maison. Cette rencontre marquait une étape considérable dans ma vie. C’était un pan de mon histoire qui basculait. Une ouverture. Je commençais quelque chose qui allait radicalement transformer mon existence. Je suis sorti et j’ai traversé le petit parc, la tête vide.

L’air gelé qui griffait les poumons et mordait le visage m’a donné envie de me réfugier quelque part au chaud. Je sentais aussi que j’avais besoin de déposer mon corps dans un lieu étranger avant de rentrer à la maison. Je m’étais attendu à ce que des voix se mélangent dans ma tête, suite au rendez-vous, je pensais qu’il y aurait des doutes et des envies, une légère confusion dont il allait falloir trier les ambivalences, comprendre, choisir. Mais non, je n’étais que silence et paix, habité d’un sentiment agréable, l’impression d’être en vacances de moi-même. Mettre mon corps dans un lieu qu’il ne connaissait pas semblait pouvoir protéger ce doux sentiment d’exil, d’étrangeté intime, si reposant. C’était comme s’il avait déjà choisi, lui, comme s’il était déjà dans ces terres inconnues que j’allais progressivement découvrir au cours des prochaines années.

J’ai déniché un bistro haut en couleurs locales et me suis installé à une table qui longeait la fenêtre donnant sur la rue. La salle était grande et lumineuse, le plafond élevé laissait de l’espace aux pensées. J’ai commandé un expresso à la serveuse, une femme qui boitait, vraisemblablement à cause de ses hanches, mais qui boitait avec naturel si j’ose dire. Son sourire, sa gentillesse, sa chaleur laissait penser qu’elle avait intégré son étrange déhanchement à ses gestes, qu’il ne l’entravait plus. On boite tous un peu, d’une manière ou d’une autre, et on finit par s’y faire, par sourire malgré nos claudications, nos manques, nos cicatrices, parfois même un peu grâce à eux. Peut-être qu’elle avait quelque chose à voir avec ses hanches, la chaleur de cette femme, sa modeste grâce. J’ai pensé à tout ce qui m’avait mené jusqu’ici, tout ce qui ne m’empêche plus d’avancer, claudiquant peut-être, mais ne souffrant plus tant de mes anciennes blessures, au contraire, heureux de constater ce qu’elles m’ont permis de découvrir, ce qu’elles m’ont apprit, l’occasion qu’elles m’ont donné de goûter de la vie avec plus de conscience, et que j’ai saisie.

Le café était délicieux, d’un noir opaque, onctueux, presque solide. Je m’attendais à sortir mon carnet pour prendre des notes, raconter un peu ce moment si particulier. Mais le rituel n’a pas eu lieu. Je n’ai pas eu envie d’écrire. La tête toujours vide, je préférais préserver le calme de ce corps sans pensée, présent, disponible, ouvert. Je sentais le poids de cet organisme à partir duquel j’existe. Sans douleur, sans malaise, un lieu chaud et doux à habiter, confortable, amical.

Et je regardais autour de moi. Le couple de vieux bourgeois lisant chacun son journal, dont les regards et les mots de connivence contredisait l’impression de froideur et de distance que je m’étais fait, la tablée d’ouvrier avec l’apprenti qui apprend son métier et ses habitudes, jetant un regard inquiet sur le collègue qui ne rit pas à ses blagues et plante ses moustaches dans une chope de bière, l’homme au faciès rubicond qu’un demi de vin accompagne dans sa solitude, la femme à l’esprit malade qui tient ses béquilles dans les bras et avance en titubant jusqu’à sa table habituelle, non sans avoir lancé d’une voix chantante et tonitruante un grand bonjour aux serveuses depuis le fond de la salle. Je regarde cette scène d’aujourd’hui et de toujours, j’observe ces spécimens exceptionnels et banaux, il y a tant de vie à lire en eux, tant d’heures de vie passées à respirer, à espérer, à attendre, comme moi. Je les aime bien. Dans l’état où je suis, on dirait que le monde entier m’est sympathique.

Une demi-heure passe sans rien faire, sans rien exiger, sans rien chercher. Avec ce rendez-vous derrière moi, cette décision déjà imprimée dans mes muscles, c’est comme si j’avais déjà fait ma journée, comme si je ne pouvais guère en tirer plus. Les nécessités de ma vie sociale n’ont plus prise sur moi, je n’ai plus rien à faire, plus de tâche à accomplir, je me sens loin de tout, près du monde, plongé dans la vie, seulement préoccupé d’être. Je n’attends plus rien. Je respire, je sens, j’observe. Et je sais que cette demi-heure m’inspirera un texte, plus tard, dans lequel je tenterai de décrire ce moment particulier qui avait la particularité de se passer de mots. Au bout d’un moment, la tasse vide, l’heure avancée, il me faut quitter le bistro, retourner là où je ne peux rester en observateur contemplatif et aimant, là où je suis forcé de perdre un peu de poésie, d’en troquer quelques pièces contre un peu de prose, pour vivre, tout simplement…

par complexus publié dans : Beat Attitude
ajouter un commentaire commentaires (7)    recommander
Samedi 17 novembre 2007

oiseaux-NB.jpg


 

S’appuyer sur ce qui retient au sol pour mieux s’envoler.

par complexus publié dans : Cheminements Intérieurs
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mercredi 14 novembre 2007

oeilleton.jpg


Ecrire pour s’extraire du monde.
Ecrire pour se rencontrer.
Ecrire pour mieux sentir, mieux voir.

N’avoir rien à dire, mais écrire quand même, parce que le geste fait du bien.
N’avoir rien à dire empêche de dire ce qui ne compte pas.

Avoir le temps d’écrire. Quels sont les êtres qui peuvent se targuer d’avoir le temps d’écrire ?! Dans quelle réalité sommes-nous ? Nous sommes si libérés de la faim que nous avons le temps d’écrire. Et nous souffrons parfois de ne pouvoir écrire, quand d’autres souffrent d’avoir faim. Dans quelle réalité sommes-nous ? Qu’avons-nous oublié, qu’oublions-nous ?

Ecrire pour donner sens.
Ecrire pour construire sa vie.
Ecrire pour retrouver la joie.

N’avoir rien à dire et tomber sur des mots inattendus.
N’avoir rien à dire et découvrir ce qui est dit malgré soi.

Avoir le temps d’écrire. Je ne laboure pas mes champs, je ne lutte pas contre le froid, je ne m’inquiète pas de l’hiver qui arrive, j’écris. Il n’y a pas de honte, mais il y a une chance certaine, un luxe d’existence. Et il me semble qu’il me faut le savoir, mieux : ne jamais l’oublier. Si je ne veux pas avoir honte un jour, de ce que j’écris, de ce que je suis, de ce à quoi je prétends. C’est vite fait, d’oublier et de penser que tout est normal.

Ecrire pour écrire.
Ecrire pour rire.
Ecrire pour lire.

N’avoir rien à dire et puis tomber sur des mots qui en appellent d’autres.
N’avoir rien à dire et se laisser surprendre par tout ce qu’il y a dire.

Ecrire pour rencontrer.
Ecrire pour se séparer.
Ecrire pour peser ses mots.

Ecrire tandis que la Terre tourne, tandis que mon sang s’enroule en tourbillons dans mes veines, tandis que je respire encore, tandis que d’autres ne sont plus là, écrire devant la vie et devant la mort, écrire la vie et la mort, écrire comme je respire, écrire en connaissance de cause : en percevant la vanité d’écrire. En face de la mort et de la vie, qu’est-ce qu’écrire, c’est trivial et c’est important, c’est nul et c’est essentiel. 

par complexus publié dans : Zone Cortex
ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander
Lundi 12 novembre 2007

table-balcon.jpg

Est-on encore soi quand on est saoul ?!

Oui et non. Oui serait trop simple, non également. Alors croire que le oui est encore plus oui, qu’on est encore plus soi quand on est saoul…Sinon qu’un soi aviné est plus proche d’un soi aviné que d’un soi non aviné… Mais un soi aviné n’est pas un soi non aviné, c’est toute la différence, ce sont deux réalités, deux vérités bien différentes, je crois. Sans compter qu’aviné le soi n’est pas le même qu’alcoolisé, c’est dire si les comparaisons sont vaseuses. Etes-vous le même lorsque vous avez bu du vin rouge, du vin blanc, de la bière, des digestifs ?! De toute évidence, non…

La bière et le vin rouge n’ont pas les mêmes effets que le vin blanc ou que les alcools forts. Où est la vérité dans l’émergence psychologique qui survient ?! Si l’un provoque ruminations et enfermements, alors que l’autre dispose à l’extravagance joyeuse, que reste-t-il d’une volonté de tirer là le parangon d’un soi libéré de ses pseudos enfermements ?! Croyances et superstitions, confirmations des paradigmes qui ont besoins de rassurance pour légitimer leurs présupposés.

C’est bien égal. L’intérêt, autant neurologique que philosophique, mais surtout existentiel, phénoménologique, se reporte au vécu de chaque subjectivité en fonction de chaque type de molécule : qu’apprendre sinon que telle substance a tel effet sur vous ?! Puisque la même aura un autre effet sur votre partenaire… Quel intérêt à la généralité, sinon la douce ivresse de ce besoin premier de comprendre, de catégoriser, de compartimenter ?

La bière me déprime, le vin rouge m’endort, le vin blanc me dynamise, les liqueurs m’abrutissent, les alcools forts me désinhibe, après quoi ?! Choisir… Et faire confiance qu’il est possible de se connaître sans ces artifices, que c’est même le seul moyen de connaître le soi le plus dépourvu de faux-semblants…

par complexus publié dans : Zone Cortex
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Lundi 12 novembre 2007

2-chaises-1-table.jpg


Jude, Rufus Wainwright, Nicolaï Dunger… Fin de fin de semaine. Dimanche soir. Après  la promenade sous les feuilles ensoleillées, malgré l’obstination grise des cieux. Hey-Cee comme les compagnons d’une époque joyeusement avinée l’ont surnommée, nous avons parlé autant que nous avons marché, puis nous sommes retournés au lieu des premiers temps, dans une nouvelle dimension de nos êtres, ouverts à de nouvelles perspectives, que nous n’aurions jamais osé imaginer alors. Pourtant nous y sommes. Et nous sourions, d’une joie complice, d’un émerveillement soulagé, à force d’apprendre l’impensable de soi. Quelles promesses indicibles alors ?!

Plus tard, au moment où il ne restait qu’une tranche d’heures vouées au repliement, avant la semaine et sa litanie d’obligations marchandées, je découvre le message, l’invite, la demande. Amènes-toi, amigo, c’était pas prévu, mais la tienne présence trouvera sa place ici, dans cette mienne sacralité du dimanche soir. Vas-y, viens avec tes canettes, ton amitié et tes soucis, quel plaisir de déroger au culte solitaire, quand j’y pense, après toutes ces années. Tracy Chapman, Jeff Buckley, Damien Rice… Comme il est bon de t’accueillir ici, dans cette mienne vie qui fut si longuement dépourvue d’échos, de sensibles connivences. Vas-y, répands-toi, que je me répande aussi un peu. Creusons ensemble ce que c’est, d’être.

Deux psychologues qui pérorent : « Ouais, ces sociologues qui pensent que tout est sociologique, ces historiens qui pensent que tout est historique, ces biologistes qui pensent que tout est neurologique… alors que tout est… psychologique !!! » Ah les rires ! Ta belle façon de réduire les réductionnismes à leur pauvre bêtise, leur frileuse couardise, leurs aveugles prétentions ! Leur compréhensible protectionnisme identitaire… Tout est complexe, infiniment imbriqué, immanquablement plus multiple que notre doux besoin de simplicité ne le souhaiterait. 100% inné et 100% acquis, une réponse comme il en faut à toutes les questions abrutissantes, comme il nous en plait.

Un beau dimanche.

par complexus publié dans : Beat Attitude
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Samedi 10 novembre 2007

quai-eaux-vives.jpg


Que reste-t-il de soi dans l’urgence d’une urbanité aux exigences folles ? Le temps, la maturation, l’absence, la lenteur, le goût, la patience, l’impatience, l’abandon, la confiance… Maîtres mots d’une certaine qualité d’être, un souci d’amitié envers la vie. Où se trouve-t-il le lieu qui offre cet espace, cette densité d’accueil. Où, ailleurs qu’à l’intérieur de soi, hormis dans le petit périmètre intime ? Quand cessera-t-elle d’aliéner les sagesses si durement et longuement acquises, l’urgence qui oppresse, qui néglige saisons, rythmes organiques, états d’âmes, humaines humeurs sans lesquelles l’ontologie, la place de l’être se trouve progressivement réduite à presque néant ? Qu’en est-il de notre réalité organique, de notre dimension existentielle, de notre conscience d’exister ? Dans quel reflet pourrait-elle bien se reconnaître, à l’écran de l’irréfléchie pauvreté qui s’affiche comme autant d’ultimes vérités, violences symboliques dont nous saisissons mal la souffrance…

Il arrive encore parfois qu’une fougue adolescente gifle le sang et donne envie de tout refuser en bloc, stupidement, sans comprendre le piège tendu à soi-même. Mais cet élan belliqueux, rageur, empêche d’oublier la mascarade, la tromperie, la fausseté et les mirages, et il redirige le regard là où se trouvent l’émerveillement premier, ruisseau de toutes les soifs d’exister, et le recueil de sentiments, dans lequel il fait bon se retirer et lire tranquillement le récit d’un surprenant organisme sur une surprenante planète.

par complexus publié dans : Cheminements Intérieurs
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Vendredi 9 novembre 2007

Rampe-escalier.jpg

Il reste bien peu de place. Le temps s’est raccourci. Complexus a (momentanément ?) perdu ses privilèges. Le trône depuis lequel il dévisageait le monde ne lui est plus réservé. D’une certaine manière, cette évolution était inscrite dans son programme génétique. Il n’a jamais été l’ultime but.

Il y a même eu des mouvements de rejets, un sentiment d’envahissement, la nécessité d’installer une distance : la pression du texte quotidien commençait à avoir le goût de la contrainte, le poids d’un attachement au nombre de visites. « Ils ne vont plus venir ». Sourire attendri. Et alors !? Quelle importance ?! Tu n’es qu’un blog, petit complexus, je me suis passé de toi pendant un certain nombre d’années et rien ne me rendra dépendant de ta sympathique présence ! 

Il se peut pourtant que je revienne et m’amourache à nouveau de nos petites joutes verbales du quotidien. Ou qu’au détour d’un nouvel élan, des propos d’un autre genre lui ravalent la façade. Je passais pour donner sens à mon silence, pour que la chute du graphique soit un peu moins menaçante pour complexus, lui donner l’occasion de s’expliquer. « Ils ne vont plus venir »… C’est mignon…

par complexus publié dans : Meta-Complexus
ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander

Complexus ?

  • : L'être soi en errance existentielle
  • complexus
  • : D'humeurs en états d'âmes, par les mots et les images, raconter le quotidien d'une rencontre sensible avec soi-même, autrui et le monde... Décliner poétiquement les façons dont l'identité humaine trouve son chemin dans la complexité d'une existence... En cherchant à traduire fidèlement le vécu intérieur, proposer un écho ouvert où chacun puisse entendre ses voix intimes...
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Commentaires

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus