
Assis là, entouré de personnes que je connais sans connaître, dans une chaleur immédiate, qui m’est accordée par pur penchant d’âme, renforcée par l’expérience des sympathies partagées. La joie simple d’être en bonne compagnie. Une joie simple mais non évidente. C’est qu’il se fait rare ce délicieux abandon, cette subtile détente d’être. Paisible présence au milieu des semblables, qui pose son souffle de joie sur le front et rafraîchit l’âme. Au moment où celui-ci arrive, au moment où il caresse le visage et éclaire l’intériorité, la conscience sursaute et s’émerveille, pose un regard tendre et content sur cette scène d’humaine communauté.
Il y avait cette tonicité du corps et de l’esprit, portant une voix libre et sûre, ne rencontrant aucun des obstacles qui parfois rendent l’expression malaisée, difficile, incommode. Certaines qualités d’accueil vous rendent à vous-mêmes, vous ouvrent des espaces de confiance et d’aisance. Ce sont des moments de confort, de sereins fragments d’existence qui ressourcent en profondeur les réserves de vie. Il est des territoires où la force n’a pas à se mobiliser pour vous tenir, et qui, permettant l’émergence du fragile, vous rendent à votre spontanéité.