
Ciel qui s’ouvre, comme un appel, une invite aux allures de destinée. Sur la grande voile bleue se dessinent les plus folles architectures du devenir. La belle violence de la lumière éclaire tout ce qui est porté d’espoir et de désir. Elle renait à l’instant l’envergure poétique. Sous la simple apparence de cette immensité bleue, réapparaissent les dimensions endormies, les aspirations au sensible. C’est le souffle puissant de l’amour qui se fait entendre, les tressaillements d’une course enfantine sur l’herbe grasse qui tendent les muscles impatients.
Chanter comme chante ce poumon bleu, de tout son corps, gratuitement, simplement parce qu’il a besoin d’expulser un trop plein de bonheur. Ouvrir le cœur comme il présente son ventre infini, dans l’insondable de son mystère et la profondeur de son histoire, sans attentes, seulement réjoui de battre, comblé s’il rencontre l’harmonie d’un autre rythme, ému de sentir la vie qui coule en lui, autour de lui, à travers lui. Accueillir la joie passagère comme il recueille et disperse les rayons solaires, sans garder ni retenir, en éclaboussant de lumière le monde qui l’entoure. Conscient que demain les nuages voileront peut-être son visage, mais sans en être attristé ni inquiété, plutôt rendu à la grâce d’être ainsi épargné, humble de sa légèreté.
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