
Un bref moment de rêverie. Dans le jour qui avance, précipite ses heures
vers demain. Suspendre l’instant. Au beau milieu des obligations, trancher une part de rêverie gratuite, d’inutile contemplation des choses. Pour se reposer un peu des gestes précipités, regarder
derrière le théâtre des apparences et revenir quelques instants au creux de soi. S’installer dans l’alcôve douce d’une retraite, somnolence éveillée et sourire béat, torpeur indolente dans le
cours des heures pérennes. Dans cette pièce remplie de gigantesques coussins, calfeutré pour faire silence, pour se débarrasser des scories du jour. Comme deux grands bras tendres qui s’ouvrent
et se creusent pour faire une place, une cachette à l’abri de tout, une maison sûre et chaude. Au milieu du chahut et des luttes vitales, un petit cercle privé dans lequel nul n’est invité, sinon
l’intime. Cercle sacré tracé à même le sol, entouré de flammes protectrices et rassurantes, au sein duquel il est possible d’être tout soi. La lumière est douce, l’atmosphère caressante, le
vulnérable peut sortir de sa cachette, il ne risque rien. Là, il fait bon être. Tout est calme. En paix.
Retour à la page d'accueil
Dolce serata.