Mardi 30 octobre 2007

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Une simple brise passant par là. Ou l’absence totale de mouvement d’air. Les ailes ne feront pas tout. Et s’il est nécessaire d’en bâtir de solides, l’effort ne suffit pas, ne suffit plus. Il est devenu nécessaire de développer quantité de ressources annexes pour donner à son vol l’ampleur de son désir. C’est que l’environnement n’est plus si favorable et que l’espace est saturé d’intentions par trop identiques – souvent au service d’une évidente médiocrité. Sans compter que les valeurs sous-tendant les exigences ont glissé, se sont insidieusement transformées. Sous l’égide du régime de la rapidité/efficacité, le résultat et l’effet priment sur presque tout. Le plus regrettablement sur la richesse des processus et donc de leur qualité – si c’est d’une qualité de vie dont nous parlons.

Précipitation et aveuglement ne gênent pas tant que le résultat (évalué à court terme et selon l’apparence de sa réussite plutôt que selon la manifestation de ses bienfaits) est obtenu. (A vrai dire, écrire un blog a quelque chose de cela, dans son urgence quotidienne et l’absence de maturation donnée au propos. Pour l’éviter, il faut périodiquement revenir sur ses traces et reprendre ce qui a été dit, vérifier, reformuler…). C’est que prendre du recul, questionner les actes, interroger le sens, toutes ces manipulations réflexives sur l’agir demandent temps et énergie. Elles sont exigeantes, elles complexifient l’ensemble des comportements, des prises de décisions, en obligeant le regard à voir la complexité et le corps à la sentir. Que d’inconforts ! Que de malaises ! Que de difficultés ! Mais l’explication n’est peut-être pas l’évitement, plutôt une sorte de soumission résignée au pseudo ordre des choses, ou une concession souche qu’il faut assumer en se pliant à ceux à qui elle a donné du pouvoir, concédé de l’influence. Explication qui ne peut être si simple, dont l’architecture se devrait d’être une considération multifactorielle, explication qui échappe donc à l’entreprise d’une petite réflexion matinale. Bref. Je me suis égaré…

Il était question d’envol, de brise et d’amplitude existentielle. Je voulais dire que malgré toutes les astuces inventées, malgré tous les écueils évités, les épreuves surmontées, les échecs transcendés, malgré tous les inconforts, les malaises et les difficultés qu’il a fallut confronter, accepter, assumer, malgré le temps et l’énergie investis pour… Pourquoi d’ailleurs ?! Qu’est-ce qui fait qu’un être se mobilise pareillement pour ne pas prendre les choses comme elles apparaissent ? Le choisit-il vraiment ? A chacun ses motifs – conscients ou inconscients, volontaires ou involontaires, intentionnels ou accidentels (je vous laisse le soin d’échanger tous ces « ou » par des « et » – disons plutôt que je vous invite à le faire). Se protéger d’un jugement négatif et de la menace de rejet qu’il laisse prévoir en est un, c’est même très souvent le nœud de bien des psychologies, mais c’est un nœud qui peut s’enrouler autour d’une infinité de thématiques. La nature de ce qu’il protège sera propre à l’affection de chacun, la petite pièce fragile logée au creux de sa boucle se trouvant être la conséquence d’une histoire, immanquablement singulière. Une attaque portée sur ce point sensible peut s’avérer intolérable, l’identité si fragile face au jugement venu toucher ce vulnérable du vulnérable qu’il ne reste pour option que l’impulsivité des comportements automatiques : l’évitement, la défense agressive ou la soumission meurtrie. Parce qu’il met à mal les fondations sur lesquelles toute une vie s’est ébauchée, construite, et parce qu’on ne peut y toucher avec indélicatesse sans provoquer des remous d’une surprenante violence (Il n’y a pas de message personnel ici, le temps venu je prendrai les voies d’accès directs, mais il y a encore à mieux comprendre avant). Je m’égare à nouveau, emporté par ce qui se travaille dans l’ouvrage spontané et (non pas ou) dirigé de mon développement, ce qui mûrit et se digère au rythme personnel de mes cicatrisations ontologiques.

Terminons donc cette histoire d’ailes en attente d’un appel d’air. Elles peuvent bien être devenues fortes ces ailes, avoir pris de l’assurance, être sûres de leurs capacités porteuses, il se peut pourtant qu’un facteur échappant partiellement à la maîtrise de leurs intentions – le contexte étant l’exemple par excellence – n’offre jamais l’intérêt, l’écoute, la main tendue qui pourrait permettre l’envol tant fantasmé.

Voilà, malgré et (!) grâce aux détours, ce que je cherchais à dire.

par complexus publié dans : Zone Cortex
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  • : L'être soi en errance existentielle
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  • : D'humeurs en états d'âmes, par les mots et les images, raconter le quotidien d'une rencontre sensible avec soi-même, autrui et le monde... Décliner poétiquement les façons dont l'identité humaine trouve son chemin dans la complexité d'une existence... En cherchant à traduire fidèlement le vécu intérieur, proposer un écho ouvert où chacun puisse entendre ses voix intimes...
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