
Quelle subtile atmosphère en cette automnale déclinaison des heures, hier, sous la délicate et furtive apparition des nudités célestes. De la lumière à la
température, des sons aux odeurs, tout semblait converger vers une même perfection des humeurs. Nous nous sentions léger et pesant à la fois, dans cette apesanteur intemporelle que nous proposait
la Terre. Tout le monde avait entendu l’appel, senti la présence d’une singulière ambiance, tout le monde était sorti, promenant son nez au vent, levant le visage au ciel, humant l’air, croyant à
peine à cette soudaine tendresse tout autour de soi, cette beauté qui débordait de partout.
Pesante et légère. D’une mélancolique gaieté, l’âme endolorie par tant de douceurs impalpables, presque irrecevables, avançait étourdie au sein de ce monde à peine réel à force de sublime. Ame chantante dans le silence de son intimité, qui écrivait sur les feuilles tombées les strophes de son envoutement. Infiniment charmée par les couleurs veloutées qui l’entouraient et lui contaient l’histoire des temps illimités, de ces heures perdues en rêveries essentielles, longues attentes vierges d’exigences et suspendues aux lèvres du monde, attendant patiemment qu’un sens émerge, en vain.
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