
Regarder sur le mur d’en face les dernières lueurs du jour. Ne s’inquiéter de rien d’autre. A mesure que leur teinte se densifie, l’ombre qui les poursuit monte lentement, avale des rangées de fenêtre par couches successives. Au-dessus, le bleu du ciel commence à perdre de son éclat. Ce petit manège, orchestré en secret par un mouvement dont l’amplitude dépasse l’entendement, met à mal les capacités représentatives. Ce petit manège est fascinant.
En oubliant tout le sérieux du monde, s’attarder un moment sur ce spectacle. N’avoir à l’esprit que son innocence stratégique, sa simple manifestation. Qu’y a-t-il à tant aimer cela ? C’est que la vie s’y résume, s’y condense, s’y raconte. C’est aussi, et peut-être avant tout, que la beauté et le jeu des couleurs sont captivants. Ensuite viennent les interrogations, les réflexions réfléchissantes : il y a un mouvement derrière tout cela, une planète qui oscille et tourne, il y a un creux dans l’espace, une profondeur vide et habitée. Il y a ce temps par lequel la lumière se consume, comme moi.
Voici la minute où le soleil se réfléchit dans une fenêtre. Point de suspension sans ses deux congénères, indice flottant de l’impernance, œil d’étoile auquel je dois tous les possibles.
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