
Nul besoin d’écrire. Je m’installe et j’aimerais tricher un peu, faire comme
si. Pour le plaisir connu. Pour me retrouver dans cet état particulier, si plaisant. Pour le contentement momentané d’un petit objet créé sur le vif. Parfois les artifices d’une méthode font
naître ce qui n’est pas venu spontanément. Parfois la nécessité oblige à retrouver le fil ténu de l’inspiration dans les ombres où il se cache. Parfois il y a d’autres tentations et le plaisir
d’écrire est ajourné à son prochain appel.
Parfois, c’est au moment de l’abandonner qu’il surgit, le petit tremblement intérieur qui donne une substance aux mots, leur confère le poids de ma subjectivité sensible, à partir de laquelle je
deviens désirant d’écriture. Sinon ce n’est que l’image de soi écrivant qui joue, et elle ne suffit pas, sa parole est creuse, trop détachée des sentiments qui nourrissent chacun de mes propos.
Sans lesquels ils ne sont que du vent, désimbriqué du vivant.
A défaut, il reste le tremblement de l’absence, de l’indifférence. Face au vide, dire le vide pour qu’il ne m’avale pas, ne me réduise pas à son silence. Faire résonner le son du mot « vide » pour qu’il remplisse de sa sonorité la chambre creuse et en fasse trembler les murs. Quelques phrases qui, disant un vécu du vide, permette de l’habiter. Je me suffirai aujourd’hui de ces tremblements de surface pour combler de sens le vide de ma besace à paroles.
La cerise sur le gâteau...ton texte. Belle journée en somme. Bonne soirée.