
Est-on encore soi quand on est saoul ?!
Oui et non. Oui serait trop simple, non également. Alors croire que le oui est encore plus oui, qu’on est encore plus soi quand on est saoul…Sinon qu’un soi aviné est plus proche d’un soi aviné que d’un soi non aviné… Mais un soi aviné n’est pas un soi non aviné, c’est toute la différence, ce sont deux réalités, deux vérités bien différentes, je crois. Sans compter qu’aviné le soi n’est pas le même qu’alcoolisé, c’est dire si les comparaisons sont vaseuses. Etes-vous le même lorsque vous avez bu du vin rouge, du vin blanc, de la bière, des digestifs ?! De toute évidence, non…
La bière et le vin rouge n’ont pas les mêmes effets que le vin blanc ou que les alcools forts. Où est la vérité dans l’émergence psychologique qui survient ?! Si l’un provoque ruminations et enfermements, alors que l’autre dispose à l’extravagance joyeuse, que reste-t-il d’une volonté de tirer là le parangon d’un soi libéré de ses pseudos enfermements ?! Croyances et superstitions, confirmations des paradigmes qui ont besoins de rassurance pour légitimer leurs présupposés.
C’est bien égal. L’intérêt, autant neurologique que philosophique, mais surtout existentiel, phénoménologique, se reporte au vécu de chaque subjectivité en fonction de chaque type de molécule : qu’apprendre sinon que telle substance a tel effet sur vous ?! Puisque la même aura un autre effet sur votre partenaire… Quel intérêt à la généralité, sinon la douce ivresse de ce besoin premier de comprendre, de catégoriser, de compartimenter ?
La bière me déprime, le vin rouge m’endort, le vin blanc me dynamise, les liqueurs m’abrutissent, les alcools forts me désinhibe, après quoi ?! Choisir… Et faire confiance qu’il est possible de se connaître sans ces artifices, que c’est même le seul moyen de connaître le soi le plus dépourvu de faux-semblants…
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