Mercredi 14 novembre 2007

oeilleton.jpg


Ecrire pour s’extraire du monde.
Ecrire pour se rencontrer.
Ecrire pour mieux sentir, mieux voir.

N’avoir rien à dire, mais écrire quand même, parce que le geste fait du bien.
N’avoir rien à dire empêche de dire ce qui ne compte pas.

Avoir le temps d’écrire. Quels sont les êtres qui peuvent se targuer d’avoir le temps d’écrire ?! Dans quelle réalité sommes-nous ? Nous sommes si libérés de la faim que nous avons le temps d’écrire. Et nous souffrons parfois de ne pouvoir écrire, quand d’autres souffrent d’avoir faim. Dans quelle réalité sommes-nous ? Qu’avons-nous oublié, qu’oublions-nous ?

Ecrire pour donner sens.
Ecrire pour construire sa vie.
Ecrire pour retrouver la joie.

N’avoir rien à dire et tomber sur des mots inattendus.
N’avoir rien à dire et découvrir ce qui est dit malgré soi.

Avoir le temps d’écrire. Je ne laboure pas mes champs, je ne lutte pas contre le froid, je ne m’inquiète pas de l’hiver qui arrive, j’écris. Il n’y a pas de honte, mais il y a une chance certaine, un luxe d’existence. Et il me semble qu’il me faut le savoir, mieux : ne jamais l’oublier. Si je ne veux pas avoir honte un jour, de ce que j’écris, de ce que je suis, de ce à quoi je prétends. C’est vite fait, d’oublier et de penser que tout est normal.

Ecrire pour écrire.
Ecrire pour rire.
Ecrire pour lire.

N’avoir rien à dire et puis tomber sur des mots qui en appellent d’autres.
N’avoir rien à dire et se laisser surprendre par tout ce qu’il y a dire.

Ecrire pour rencontrer.
Ecrire pour se séparer.
Ecrire pour peser ses mots.

Ecrire tandis que la Terre tourne, tandis que mon sang s’enroule en tourbillons dans mes veines, tandis que je respire encore, tandis que d’autres ne sont plus là, écrire devant la vie et devant la mort, écrire la vie et la mort, écrire comme je respire, écrire en connaissance de cause : en percevant la vanité d’écrire. En face de la mort et de la vie, qu’est-ce qu’écrire, c’est trivial et c’est important, c’est nul et c’est essentiel. 

par complexus publié dans : Zone Cortex
ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander
Retour à la page d'accueil

Commentaires

...il me semble aussi. Douce soirée Boris.
commentaire n° : 1 posté par : Tiziana le: 14/11/2007 18:26:53
écrire parce que 'ça' sort tout seul!
le pourquoi du comment.. il faut l'ignorer!
commentaire n° : 2 posté par : nouna (site web) le: 14/11/2007 18:32:24
@ Tiziana

Merci pour tes doux passages...

@ Nouna

Chère Nouna, à moins que j'entende mal ce qui est dit dans ton commentaire, je pense qu'il y a un mal-entendu en amont, dans le sens où j'essaye précisément de laisser ouvert TOUT ce qui est et vient "tout seul", y compris la question du pourquoi du comment (ce qui est une façon de dire qu'elle peut ne pas être importante)... d'où mon impression.

Et j'essaye surtout, de (me) proposer une émancipation (que je conçois comme nécessaire parce que sanitaire) de tous les "il faut"...

;-)

Boris
commentaire n° : 3 posté par : Complexus le: 15/11/2007 21:25:36

Complexus ?

  • : L'être soi en errance existentielle
  • complexus
  • : D'humeurs en états d'âmes, par les mots et les images, raconter le quotidien d'une rencontre sensible avec soi-même, autrui et le monde... Décliner poétiquement les façons dont l'identité humaine trouve son chemin dans la complexité d'une existence... En cherchant à traduire fidèlement le vécu intérieur, proposer un écho ouvert où chacun puisse entendre ses voix intimes...
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Commentaires

Recherche

webblog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus