
Un étrange calme. Tout mouvement intérieur cessant, une disposition à être. Lire dans un fauteuil. S’enfoncer dans une œuvre de Thomas Bernhard. Le confondre avec Robert Walser, et sans cesse
reprendre l’esprit : non, c’est Bernhard, ce n’est pas Walser. Sans doute la folie en filigrane qui rappelle l’autre, le délire des phrases, leur délirante et étrange beauté. La force
poétique des redondances dans ce livre, la musique qui survient dans ces reprises, comme un thème qui revient ponctuer la marche harmonique. Le neveu de Wittgenstein.
Un dimanche inordinaire. S’installer, n’est-ce pas immanquablement accepter d’être là ?! Accepter d’être là où je suis, psychologiquement, sociologiquement, philosophiquement, physiquement, humainement… Maintenant. Cesser l’exigence absolue de se rêver, penser, vouloir, espérer, ailleurs. Ce calme particulier. Je remarque qu’il vient souvent marquer les moments de transition, quand une lutte prend fin et que la prochaine n’est pas encore entamée. Une petite aire de repos, un répit.
Journée hors temps, hors champ. Journée en dehors du cadre de la prise de vue, donnant sur possibles avenirs, révélant les sédiments tenaces des plus lointaines rêveries. Journée qui voit de loin, pour dire ce qui est au plus près, si près qu’on n’y voit bien que de loin.
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