Samedi 5 janvier 2008

(Mercredi 2 janvier)

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Là, c’est différent. Tout est différent. Même moi, je me sens différent.
                                   Ce sont d’autres éléments qui affleurent, d’autres inquiétudes. D’autres tranquillités. La tranquillité et l’inquiétude ne sont pas les mêmes.
                        Quand c’est la campagne qui fait l’endroit.
Les grands champs d’herbes, la montagne toute proche, le ciel écartelé, tendu comme un drap prêt à recevoir la chute des Hommes. Ils y pensent soudainement, ils y pensent plus souvent, à cette chute, ici, dans ce périmètre où vie et mort dialoguent à cœur ouvert, sans tabou, dans la violence de leurs propos inouïs.

                        Ce qu’une brindille ballotée par le vent peut faire à l’âme.
            Ce que le paysage en remous et en horizons peut faire aux organes.
                                   Comme ça, sans rien dire. C’est méchant, ce coup de conscience, cette gifle de sang, cet impétueux courant qui vous retourne sans dessus-dessous.

 

Chemin de terre aux pieds nus.
Arbres de l’enfant casse-cou qui grimpait partout, toisait le monde de là-haut.
Etendues bleues des bains amoureux.
Etendues vertes des joies du corps.
Etendus ensembles contre le sol piquant et doux.
Etendues les plages de temps, ouvertes sur l’oubli, l’inconscience, la présence des chairs exaltées.

 
L’odeur du feu au bout des doigts, comme une viande salée, à s’en mordre les phalanges. L’étrange lenteur des heures, qui repousse au loin l’angoisse du faire, à s’en lécher les babines. La présence d’aimés congénères, qui tient au respect une certaine solitude, à s’en bercer le cœur. Le fantôme d’une grâce jamais apparue, ou si maladroitement, à s’en percer le cœur.

 
                        Les blessures pansées. Les blessures ouvertes.
                        Les joies et les peines muettes, rentrées dans la tenue componctueuse, inspirée du silence et de la discrétion des mouvements. Joie d’être à l’abri des mondanités et de leurs nécessaires tâches, peine d’un accompagnement infiniment désirable. Sentiments qui passent, inspirent, donnent reliefs et couleurs à ce qui sinon serait d’une morne platitude.

                                               Le bienfaisant transite en terres meubles, au milieu des graminées et des roches sauvages, là où respire mieux ce qui y naquît, il y a bien longtemps.

par complexus publié dans : Retour au monde
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Commentaires

Ciao Boris,
J'aime ce texte. Pas forcément envie de laisser à chaque fois des tartines confuses, sache juste que je lis tous tes écrits...lorsqu'il y en a un qui me boulverse, me parle ou me fait chavirer je te l'écrirai...avec mes mots. Dolcissima notte.
commentaire n° : 1 posté par : Tiziana le: 06/01/2008 01:06:12
C'est très très très compréhensible... ;-)
Tes notes me font plaisir, mais ton silence ne me blesse pas :-)
Doux dimanche à toi
Boris
commentaire n° : 2 posté par : complexus le: 06/01/2008 09:14:30

Complexus ?

  • : L'être soi en errance existentielle
  • complexus
  • : D'humeurs en états d'âmes, par les mots et les images, raconter le quotidien d'une rencontre sensible avec soi-même, autrui et le monde... Décliner poétiquement les façons dont l'identité humaine trouve son chemin dans la complexité d'une existence... En cherchant à traduire fidèlement le vécu intérieur, proposer un écho ouvert où chacun puisse entendre ses voix intimes...
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