Dimanche 6 janvier 2008

(6 janvier)
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Il serait facile d’oublier le cours des choses ici.
            Loin de tout.
Jeter le poste radio, la télévision, les journaux et revues.
                                   Ne plus rien savoir.
Qu’est-ce que ça changerait, dans le fond ?! En théorie la question est intéressante. En pratique elle ne me concerne pas. Pas pour l’instant en tout cas. Mais ça donne une autre mesure, sur ce bruit constant, ininterrompu, torrentiel, de l’information, pseudo, fausse, exacte, vraisemblable, véridique, sous toutes ses formes, jamais à court de mots, ni d’images pour nous ensevelir sous ce que nous n’avons plus le temps de digérer, comprendre, sentir, relier, intelliger.

          

Parole de brindille.
Secret de vent.
Murmure de sève.
Annonce d’oiseau.
Signe de nuage.

 

 Où sommes-nous ?
            De quoi sommes-nous encore capable ? Avons-nous plus à aimer, à signifier ?
                        Le sens en présence est-il suffisant ? Tout juste, c’est mon impression. Par le fil, ténu lien à la cohérence, au récit qui tient à si peu. Tout pourrait basculer. La force du poignet, c’est la logique d’une quête identitaire laissée à chacun. Belle et épuisante. Que je n’échangerais contre aucune force instituée. Je sue avec passion.

Sommes-nous accordés au tempo ? Y a-t-il un tempo ? La lenteur me va bien, même si elle blesse mon orgueil. Mais il n’y a peut-être pas de développement profond rapide. Ce tourbillon d’affaires qui colonisent la noosphère m’échappe, m’écœure, trop riche, trop complexe, trop fou, trop chaotique, trop insaisissable, trop captivant, trop intense, trop multiple. J’envie ceux dont la vaste culture sait embrasser ce flux, d’une façon ou d’une autre, le tenir par un bout. Je n’ai accès qu’à son délire, sa nature délirante, l’hystérie démentielle de son rythme et de son contenu et de ses processus et de ses crises, c’est comme une gigantesque amibe protéiforme dont je ne perçois que le caractère phénoménalement monstrueux et qui par là m’échappe.
 

Parole de brindille.
Secret de vent.
Murmure de sève.
Annonce d’oiseau.
Signe de nuage. 


Passer d’un monde à l’autre, quand même, rester connecté, relié à ceux qui ont fait le même choix.
            (Est-ce un choix ?)
            Rester avec la question suspendue : et si je choisissais de rompre, qu’en serait-il ? Que découvrirais-je ? Il doit y avoir quelque chose, j’ai l’intuition qu’il y a quelque chose, de non moins relié, de plus relié à une présence de vie autre, autrement plus… Quoi ? Sacrée peut-être, consciente, accordée, ai-je envie de dire, pleine de terre et de cosmos, de saisons et de contemplations, de frissons d’existence, de ces moments d’intime connivence avec le miracle d’exister. Mais il doit falloir une sacrée consistance de sens à l’intérieur, pour tenir.

par complexus publié dans : Retour au monde communauté : Etre pour les autres.
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Complexus ?

  • : L'être soi en errance existentielle
  • complexus
  • : D'humeurs en états d'âmes, par les mots et les images, raconter le quotidien d'une rencontre sensible avec soi-même, autrui et le monde... Décliner poétiquement les façons dont l'identité humaine trouve son chemin dans la complexité d'une existence... En cherchant à traduire fidèlement le vécu intérieur, proposer un écho ouvert où chacun puisse entendre ses voix intimes...
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