Lundi 7 janvier 2008

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Inspiration, un deux trois quatre, expiration un deux trois quatre, à l’allure des pas, le matin, sur le petit chemin étendu comme un serpent mort, compter pour taire le reste de la pensée, l’ensevelir sous les grains du sablier que je retourne à chaque inversion de ma respiration, assimiler le silence qui règne sur ce flanc de montagne, lentement pesé dans les pas sans but, à se diriger vers le coin où les maisons disparaissent.

Grondement d’avion.
Notes pointées  d’un oiseau.
Hululement de lointaines voitures.
Aboiements de chien.

Ruisseau que j’accompagne, dans sa mélodie fluide.
Une fois il y avait la neige et m’accompagnaient les pas de quelqu’un.
Les flocons feutraient le son de notre conversation, tombaient sur nos langues chaudes.
Je nous revois et je me pose des questions qui ne regardent que moi.

Le calme est passé entre les grains de sable, s’est infiltré en profitant des espaces entre les chiffres pour rentrer dans l’espace que je lui réservais. Elles se sont tues, les voix inutiles, précipitations automatiques du cerveau en roue libre. Maintenant, langage d’arbres et de ciel, chanson des prés et des sous-bois, ritournelle de la petite marre gelée, c’est la danse d’hiver au règne du paysan.

J’avance comme un homme qui vient là parce qu’il sait que ça lui fait du bien, même s’il ne comprend pas pourquoi, même s’il ne fait rien que marcher, même s’il n’y a rien de plus à tirer qu’un peu d’air frais et quelques gracieuses courbes de collines alanguies.

                         Tronc percé d’un trou, comment fais-tu pour tenir ? Comme nous ?
                         Tronc annexé d’un parasite, comment supportes-tu ? Y trouves-tu quelque réconfort ? Je comprendrais…
                         Tronc à la branche de travers, te voici tout penché, de quelle sève est-tu fais ? De la même que tes compagnons, n’est-ce pas ?!

Une femme et son chien. Comment sont les buissons ? Sont-ils assez épais pour s’y cacher, vous et moi ?
            Et si je partais dans cette direction, vaille que vaille, comme un fou ?! Paris est par-là. L’océan dans ce sens. La mer en tirant un peu plus vers les Alpes. Par où va-ton, dément ?
Enclenche un pas et commence autre chose, ah ça ! ça serait quelque chose, ça aurait du panache, y aurait des choses à raconter !
                                               Un deux trois quatre, un deux trois quatre, reprends tes respirations, ça s’agite. Il y a autant d’extase sous tes pas dociles qu’il y a de banalité sous ceux que tu imagines te porter au loin.


Au milieu des crissements de nos souliers sur la neige, elle m’avait demandé pourquoi…
J’ai le tronc encore percé d’une question à laquelle je ne pourrai jamais répondre.

Carillon qui sonne la dizaine matinale.
Tracteur qui fait tourner son moteur.

Martellement d’un bec contre une branche.
            Froufroutement des ailes d’un merle.


Désirable campagne. Compagne désirable. Évocations et résonnances sur le chemin mort comme peau de serpent abandonnée à la mue, et lancé le corps neuf dans les inconnus du paysage.

par complexus publié dans : Retour au monde communauté : Etre pour les autres.
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Complexus ?

  • : L'être soi en errance existentielle
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  • : D'humeurs en états d'âmes, par les mots et les images, raconter le quotidien d'une rencontre sensible avec soi-même, autrui et le monde... Décliner poétiquement les façons dont l'identité humaine trouve son chemin dans la complexité d'une existence... En cherchant à traduire fidèlement le vécu intérieur, proposer un écho ouvert où chacun puisse entendre ses voix intimes...
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