
Grande secousse d’humeur dans la fin du jour.
Plusieurs fois dans la journée, des hébétudes de passage dans la tête, avec ce qu’elles ont d’yeux perdus, d’absence de parole, de suspension du temps.
A tout instant en arrêt.
Vers nulle part.
Chaque moment poussant l’autre de son contenu.
Désinquiété du cours des événements.
Calme mais retiré.
Comme en attente.
Le soir venant, s’y ajoute une sombre et tendre
mélancolie.
Des caresses d’air dans l’esprit, sur les dunes nostalgiques du souvenir.
Sur les tremplins d’espérance, jeté vers l’inconnu.
La demande d’une pause, la cessation de tout geste.
Tache jaune de
reflet sur la vitre et derrière les vapeurs mauves du soir.
Merle qui trace sa noire silhouette dans ce jeu de lumière fait tableau.
L’importance qu’elles ont ces surprenantes mailles de réel.
Il y a tout le temps consacré au reste, et il y a celui-ci, dans l’imbécile contemplation de choses. Et dans celui-ci quelque chose du mystère et du précieux. Rien pourtant. Rien, un échange
entre un dehors et un dedans. Un rapport entre deux protagonistes, l’un transformant en autre matière l’échangé. Et qui fait comme un retour, une douce fermeture sur soi, dans le
soin.
Il reste sur la rétine cette si caractéristique
luminosité pâle et diffuse de l’hiver.
S’engouffrant dans les rues en y posant de faux brouillards, des voiles scintillants.
Consacrant à toute chose un halo d’éternité.
Beauté et évocation dont le cœur voudrait capturer le secret.