
Bien sûr, il y a quelque chose de ridicule. Mais l’impression de ridicule n’est-elle pas la première défense du bien-présentant ?! C’est facile d’avoir l’air. Comprendre les règles semble
soudainement plus facile que d’en relever les implicites de consensus et de normalités et d’évidences.
L’arbitraire.
L’incommensurable arbitraire de ces pseudo-évidences.
Sans lesquelles pourtant l’ensemble ne tiendrait pas.
Pas comme ça.
Et autrement ?!
C’est toute la question.
Parce qu’on est quand même loin du compte.
Loin d’une conscience individuelle qui dirait tu es fragile, vulnérable et incertain.
Tu es petit, passage, relatif et…
Prends garde, prends soin, prends chaque instant, prends comme si tu recevais et n’allais peut-être plus jamais recevoir.
Au loin, loin nous sommes.
Ce sont des vagues qui bercent le haut de ma colonne vertébrale. Ma tête qui berce sur des houles de béates stupidités. Saoul. Et cette proximité soudaine d’avec une certaine perception, une préception autant hallucinée que lancinante.
Et regarde, regarde comme les sens prennent le dessus : tu te concoctes des pâtes et t’en peux plus de te réjouir de tes plaisirs du palais, aussi triviaux soient-ils. Et t’as bien raison. C’est ça la vie. Et ça l’emporte sur tout le reste. Heureusement, malheureusement. Putain, c’est pas simple.
Misérables, petits, remplaçables, c’est peut-être ça, ce qu’il faut accepter d’être, pour être tout à fait ce qu’on est. On se donne des buts incommensurables, des destinées grandioses, des arrivées gigantissimes, et en fin de compte, merde, on finit dans la boue, comme n’importe quel pecnot du coin, on est tous des pecnots, comme la branche qui se décompose et s’anéantit et renait dans le cycle fini d’une histoire transitoire. Merde. Quelle drôle d’histoire. Indigeste. Indigeste. Indigeste. Totalement indigeste. Et après il faudrait se reprocher de se raconter des histoires, merde, moi je dis : y a de quoi !!! Comment tu fais pour être là et te dire que c’est OK, qu’y a pas de bile à se faire, qu’y a juste à niquer, grailler et pioncer et tu t’endors paisible… bordel non, c’est pas possible, enfin si, enfin non, mais oui, mais non…
Commentaires