Samedi 19 janvier 2008

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Bien sûr, il y a quelque chose de ridicule. Mais l’impression de ridicule n’est-elle pas la première défense du bien-présentant ?! C’est facile d’avoir l’air. Comprendre les règles semble soudainement plus facile que d’en relever les implicites de consensus et de normalités et d’évidences.

 

L’arbitraire.
L’incommensurable arbitraire de ces pseudo-évidences.
Sans lesquelles pourtant l’ensemble ne tiendrait pas.
Pas comme ça.
Et autrement ?!
C’est toute la question.
Parce qu’on est quand même loin du compte.
Loin d’une conscience individuelle qui dirait tu es fragile, vulnérable et incertain.
Tu es petit, passage, relatif et…
Prends garde, prends soin, prends chaque instant, prends comme si tu recevais et n’allais peut-être plus jamais recevoir.
 

Au loin, loin nous sommes.

Ce sont des vagues qui bercent le haut de ma colonne vertébrale. Ma tête qui berce sur des houles de béates stupidités. Saoul. Et cette proximité soudaine d’avec une certaine perception, une préception autant hallucinée que lancinante.

 
 
Quel est ce monde dans lequel on vous fabrique un savon nommé anti-hangover qui  a le parfum de zest d’orange si bien que même à geint ça vous retourne l’estomac à l’ouverture du bouchon ?!  Et je baigne là-dedans, à longueur de journée, à longueur d’année, à longueur de décennies, des fois je me demande si je n’ai pas le sang perverti jusqu’au tréfonds des globules, des fois j’en ai le pressentiment, la claire intuition.

 

 

Et regarde, regarde comme les sens prennent le dessus : tu te concoctes des pâtes et t’en peux plus de te réjouir de tes plaisirs du palais, aussi triviaux soient-ils. Et t’as bien raison. C’est ça la vie. Et ça l’emporte sur tout le reste. Heureusement, malheureusement. Putain, c’est pas simple. 

 

Misérables, petits, remplaçables, c’est peut-être ça, ce qu’il faut accepter d’être, pour être tout à fait ce qu’on est. On se donne des buts incommensurables, des destinées grandioses, des arrivées gigantissimes, et en fin de compte, merde, on finit dans la boue, comme n’importe quel pecnot du coin, on est tous des pecnots, comme la branche qui se décompose et s’anéantit et renait dans le cycle fini d’une histoire transitoire. Merde. Quelle drôle d’histoire. Indigeste. Indigeste. Indigeste. Totalement indigeste. Et après il faudrait se reprocher de se raconter des histoires, merde, moi je dis : y a de quoi !!! Comment tu fais pour être là et te dire que c’est OK, qu’y a pas de bile à se faire, qu’y a juste à niquer, grailler et pioncer et tu t’endors paisible… bordel non, c’est pas possible, enfin si, enfin non, mais oui, mais non…

 
 
 
 Je veux dire, elles étaient plus qu’envahissables, sous leurs peaux de nymphes aguicheuses, et on se pétaient la tête à coup de 30°, et ça aurait pu continuer des lustres, et ça dure depuis bien plus longtemps, mais il y a quelque chose de galvaudé au royaume de ces coutumes de l’aisance et des surfaces, il me semble, il me semble qu’on s’y perd, il me semble qu’on y perd quelque chose, l’ivresse n’y est pour rien, c’est son usage qui n’a pas la vertu vitale, il faudrait renoncer à la puissance, à l’opacité, à l’aisance, à la sécurité, au mensonge, il faudrait niquer avec la boue, copuler avec l’incertain, il faudrait se reconnaître composite du matériau de cristal et de fumée, il faudrait arrêter tout ce cirque, c’est ridicule, c’est comique, y a de quoi se foutre de sa propre gueule, franchement, tu t’es vu, non mais, on est où, et le jour où t’as des vers de terre dans les yeux, tu dis quoi ?!
 

 

par complexus publié dans : Retour au monde communauté : Etre pour les autres.
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Complexus ?

  • : L'être soi en errance existentielle
  • complexus
  • : D'humeurs en états d'âmes, par les mots et les images, raconter le quotidien d'une rencontre sensible avec soi-même, autrui et le monde... Décliner poétiquement les façons dont l'identité humaine trouve son chemin dans la complexité d'une existence... En cherchant à traduire fidèlement le vécu intérieur, proposer un écho ouvert où chacun puisse entendre ses voix intimes...
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