Lundi 21 janvier 2008
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Elle apparaît, dans les voiles mauves, la ronde et pâle déesse. Sais-je encore la regarder de mes yeux adolescents ? Suis-je encore capable de me laisser atteindre par la démence qu’elle me propose ? Pleine, ronde, opulente de nacre et d’argent. Sur son disque tourne la folie de ma réalité cosmique. Ce que je suis, plus justement encore que je ne saurai jamais le concevoir – sinon en de brefs instants d’intuition transcendantale. Juste ça, ce petit bout d’Homme posé sur un petit bout de terre sur l’immensité planétaire en périphérie de l’inconcevable vastitude. Quand je la regarde et que j’essaye de réaliser ce qu’elle est, vraiment. Là où j’entends si distinctement le son de ma finitude, de ma petitesse, du petit fil d’accident par lequel je tiens suspendu dans ce monde de vie. Toujours le sentiment de ne pas savoir apprécier, goûter, conscientiser, réaliser, à la mesure de cet invraisemblable occasion d’être. Il faudrait chaque jour pouvoir s’accorder à quelque chose de plus humble, de plus respectueux, de plus consciencieux, de plus ouvert, de plus confiant, de plus commotionnant… Trop commotionnant peut-être. Mais c’est l’humilité que je retiens, parce qu’il y a en moi travaillant sans cesse ce désir de puissance, de façade protectrice, il y a sans cesse travaillant mon être cette aspiration aux armures d’orgueil, auxquelles je ne cède guère mais qui semblent ne jamais vouloir m’abandonner, me laisser être là où je suis, avec ce que je suis, ce que j’ai, et surtout ce que je ne suis pas et ce que je n’ai pas. Et je mourrai sans certaines de ces choses, alors quoi, vais-je subir ces assauts d’inquiétude stérile jusqu’au pied du tombeau ?! De quel amour ne sais-je pas encore me couvrir ? Quel sorte d’accueil ne suis-je toujours pas capable de m’offrir ? Il faut cependant reconnaître le chemin parcouru, se souvenir de la distance qui nous sépare de la méchanceté retournée qui pouvait être notre univers personnel. Mais il reste à conquérir de belles contrées, et la lune me le rappelle. Saisit par ma promise des nuits sans fin, je me désintéresse de tous les lauriers du monde, je voudrais seulement m’accepter totalement, faire la paix une fois pour toutes, voire peut-être même m’aimer. Ce serait un bon départ pour le reste.

par complexus publié dans : Retour au monde communauté : Etre pour les autres.
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Complexus ?

  • : L'être soi en errance existentielle
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  • : D'humeurs en états d'âmes, par les mots et les images, raconter le quotidien d'une rencontre sensible avec soi-même, autrui et le monde... Décliner poétiquement les façons dont l'identité humaine trouve son chemin dans la complexité d'une existence... En cherchant à traduire fidèlement le vécu intérieur, proposer un écho ouvert où chacun puisse entendre ses voix intimes...
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