Après avoir vu "Into the wild"
Commencer la journée dans un balbutiement d’âme, le premier rayon solaire encore froissé par les brumes, perçant avec hésitation l’horizon revenu. Le goût inquiétant de l’éveil, si la pensée
s’intéresse un peu aux implications d’un retour à la vie, la naïve joie et le regard éduqué, épaule contre épaule, solidaires.
Pour tout reconstruire et s’approprier.
Il a fallu partir et quitter.
Dans les plaines lointaines.
Ou entre quatre murs bien fermés.
Idem.
Poncer la planche comme équarrir sa propre chair et creuser de nouvelles lettres.
S’inscrire dans une histoire recommencée.
C’est dans ce désert immense
Aux dunes de steppes et d’oubli
Au milieu des lichens et des cassis
Réel ou tout intérieur
Mais nécessairement intérieur,
Qu’il fut possible.
L’éloignement de tout regard
Perturbant l’œil retourné.
Par la distance aux autres devenait possible une approche, une confiance, une sécurité, une affirmation. L’épure intime. C’est ici que je suis, c’est ce que je suis. Maintenant je savais. Nul bruit, nulle dissonance, nulle perturbation. Un espace délivré des assignations à être autre chose que sa propre vérité.
Longue et lente marche initiatique.
Jusqu’à la perte, aux frontières tremblantes de soi.
Jusqu’à l’épuisement, l’angoisse, la chute.
Face au vide déraisonnable.
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