
Au moment où l’entour s’éteint, comme un ressort qui lâche, des craintes enfouies qui sautent, une ouverture s’élance pour happer le monde, s’y lancer complètement, mais ce n’est plus l’heure. Etrange répétition d’une semaine à l’autre, ressemblance troublante entre les deux préludes aux jours fermés. Comme une voix qui n’oserait sortir qu’au moment où elle est sûre de ne pouvoir être entendue que par son possesseur, où l’adresse impliquerait trop de conséquences qui échappent au contrôle et font peur. Systématique mise en branle d’un refrain qui dompte l’élan quand il pourrait s’emballer, quand il pourrait porter et ouvrir la voie. Mais maintenant que l’œil y a mis le doigt, se fermera-t-il à nouveau le piège ? Trouvera-t-il le moyen de persuader la raison qu’il n’est pas sage d’écouter ce débordement ou la laissera-t-il sereine pour que l’audace m’emmène par-delà mes inquiétudes, mon avarice de temps, ma réticence à laisser ce qui n’est pas sûr de plaisir et de sens me prendre tout de même ? A nul moment ce système ne saurait étouffer l’identité, quand au contraire c’en sont les résistances qui empêchent de s’approvisionner en de nouvelles poches d’air ! Mais le changement est long parce qu’il n’est pas décision ni volonté, il est nature mouvante, opération secrète de la vie qui fait son ouvrage à l’allure qui lui sied, il est attente sereine aux douloureuses crises dont seul l’esprit fait des catastrophes en se projetant là où il veut arriver, sans comprendre qu’il arrivera là où il n’aurait pas songé un instant se trouver.
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