Poésie solaire. Enluminure céleste. Radicale jouvence retrouvée. Lancée contre le ciel, la joie, l’humeur des cieux en extase, délicate et pleine, rocambolesque et fugitive. Sempiternelle. La chanson qui n’arrête pas. Le retour de la poésie au creux de l’homme. Il faut être délivré du souci pour accueillir la beauté du monde. Ou au contraire n’avoir pour seul échappatoire que cette même beauté, ce même mystère, au comble de la tragédie et de la douleur. Mais entre deux, dans le souci débile des petits jours, la tête s’obstine, s’enferme, se ferme. Et il n’y a plus que le souci, bête, étroit, vain. Le souci sans fond, la petite chose qui avilit, appauvrit et fait grincer les rouages de l’âme. Quand la seule chose qui semble compter, c’est ce maigre butin, cette chose à portée de main qui se rend difficile, et que le reste du monde est plongée dans une nuit d’oubli, entourant le faisceau futile d’une ombre qui échappe à l’attention. L’existence sans goût, sans saveur, qui n’est plus existence mais machinerie insensible, automatique, décolorée. Quand même au coin de l’œil il n’y a plus d’espace pour voir la pétulance d’une feuille dans le contre-jour, la souplesse gracile d’un nuage qui se contorsionne, et que la peau n’est plus reliée à la conscience alors que l’air le plus doux passe en pure perte amener son ivresse. Quand il n’y a plus assez d’esprit pour s’apercevoir des choses étranges qui se passent à chaque instant – vivre par exemple, c’est quand même assez trouble comme occupation, mine de rien.
vivre..et aimer..
ça change tellement tout...!