Sommes-nous en quête du bonheur ou impérieusement soucieux d’éviter les méchancetés du quotidien ? Quand je me penche
sur nos agissements routiniers, je suis sérieusement tenté d’opter pour la seconde hypothèse. Je ne vois guère la quête du bonheur dans nos gestes d’accoutumance à la réalité. Il m’apparaît, bien
souvent, qu’une fois un équilibre confortable atteint, quelque chose s’installe, prend ses marques et tend à se satisfaire de ce qui ressemble plus à un royaume aux menaces réduites qu’au lieu de
nos rêves. Il me semble que la quête du bonheur nécessiterait d’autres coutumes de vie, une ouverture plus nette, plus large, plus souple, de nos frontières, de nos habitudes, de nos croyances.
Si la quête du bonheur revient à celle d’être soi, et qu’elle se trouve donc vouée à l’infinitude. Si être soi revient à être au plus près d’une perception claire et lucide de ses émotions,
pensées, comportements, de son être global autrement dit et de l’affirmation responsable de celui-ci. Si affirmation responsable suppose d’avoir fait la distinction entre ce qui m’appartient et
ce qui appartient à l’autre et de ne porter que le bout qui me revient. Sommes-nous prêts, disposés à un tel voyage ? Y sommes-nous habilités ? Sommes-nous prêts à payer le prix d’un
épanouissement qui suppose de ne jamais se reposer sur ses acquis, de découvrir sans cesse de l’inconnu au creux même du plus intime de soi ? Personnellement, je ne le suis pas tous les jours. Et
je constate que je nourris plus intensément l’image d’un oasis-terminus que celle d’un interminable périple aux aventures odysséiques. Il me semble que notre souci de l’intendance quotidienne,
prend souvent le dessus, occupe tellement de nos ressources qu’il n’en reste le plus souvent que peu pour s’occuper du reste. Et il est sans doute difficile qu’il en soit autrement. Je ne vois
pas là une immanente faiblesse, mais plutôt la loi d’une nécessité aux déterminants multiples et complexes. Il y a les moments de rupture, et c’est à eux qu’il s’agit de rester disponible, rester
accessible au changement. Alors quoi ? Peut-être arrêter de croire que la quête du bonheur (une quête authentique, consciente, exigeante) guide chacun de nos gestes, arrêter de se raconter des
histoires, moins se glorifier, s’héroiser (s’érotiser) afin de reconnaître notre plus humble nature. Une façon d’être plus près de soi. Une façon de récupérer un peu de paix, de bonheur ?
Peut-être.
par complexus
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"Le bonheur n'est pas une joie durable,le bonheur est un état de complétude ou tout de la vie est accepté."
Lu d'un certain Boyu ;-) Bises