Plus une seule parole. La voix s’est tue. Le long des jours, d’approches en approches, toujours mutique au plus près de son ombre. Rien. Jamais ne s’est-elle ainsi rendue pauvre d’elle-même, absente à toute articulation, recluse, pierre dans la pierre. Jamais n’a-t-elle résisté si parfaitement aux tactiques qui savaient percer ses joues pour la faire parler. Retirée de tout esprit, laissant là l’empreinte à peine crédible de son passage, le vague souvenir de ses discours. De quelles prémices se fait-elle ainsi le présage ? De quelle aurore tend-t-elle ainsi les voiles célestes ? Aucun indice, aucune allusion. A sa place, un mur blanc, une poche entravée, comblée de chaux, où rien d’autre semble n’avoir existé, jamais. Perte totale. A peindre, il ne reste que son absence, la réminiscence incertaine de ses visites, la tension paisible qu’installe l’émission monotone de cette façade pâle où elle n’est plus. L’espoir que son retour, dont pourtant le doute ne s’occupe pas, sera le signe d’un timbre mué, l’annonce d’une peau fraîche. Toute d’inconnu parsemée, la voyageuse prépare un monde qu’elle n’a pas encore foulé, sans doute.




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