Le vent du sud. L’air du lac. Le vol des rapaces, très haut dans le ciel, les hirondelles, l’herbe grasse. Je m’y suis installé comme un œuf fragile, en gestation. Un seul espace où respirer tient debout, donne l’odeur des choses, rend l’haleine de mes humeurs. Tendu comme un filin de secours, ce sol à la terre tendre, souple, féconde, où s’étendent enfin les souffles, la bête humaine. S’accueillir au monde, pas le moindre des rituels, et tout ce temps tenu entre les rues et les murs, si loin du perceptible d’appartenir à quelque chose. C’est le chant des veines, coulant au fin fond des sèves, le principe même, l’origine sans détour, un frisson d’existence passant, tous transitoires ici bas. Qui se réveille, s’interpelle, et évoque enfin le dépassement qui sauve, où la mort attend, mais où la vie résiste. Si simplement, sous ce bras que caressent les feuilles, au sein du ventre qui respire, ce regard envahi par les formes infinies, la danse des couleurs, là où chancelle la tenue, où s’ouvrent les sens.




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