Vendredi 1 février 2008
Nouvelle-image--6-.jpg

Besoin de l'afficher pour le tenir.
Il faut que je m'absente un moment.
Pour d'autres priorités.
L'afficher pour m'aider à résister.
Une semaine de pause serait bien.
En attendant, tu mets plus les pieds ici s'il-te-plait.
Je veux même plus te voir, ni entendre parler de toi.
Tu m'oublies pendant une semaine, t'entends ?!
On s'est bien compris ?

Euh... Je vais essayer...

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Dimanche 2 décembre 2007

Nuage-balcon.jpg


Cette écriture morcelée me frustre. Je ne sais pas si c’est un mouvement profond ou une lubie, mais ce n’est pas la première fois qu’un désir de continuité m’habite. Celle qui existe actuellement existe malgré moi, elle est identifiable a posteriori, relevant des thématiques essentielles qui fondent mon intérêt. J’aimerais parfois, comme maintenant, la prendre à bras le corps et y tracer une voie homogène. J’aimerais reprendre ce que j’ai dit hier pour l’amener vers la parole de demain.

Je sais d’avance la difficulté du choix, qui élit et élimine. Je sais aussi mon plaisir de l’écriture lié au plaisir de l’abandon. Je sais encore la difficulté d’une telle entreprise, son autre envergure ; se laisser flotter au gré des humeurs est bien plus facile, plus immédiatement satisfaisant. Mais il manque ce goût de l’ouvrage, de l’œuvre accomplie, complète, finie, limitée. Et dont on peut finalement s’affranchir, précisément parce que délimitée.

Je ne sais pas me fixer un centre sans le sentir. Une fois senti, c’est le centre qui me fixe. Alors j’attends qu’il me choisisse. Qu’une expérience soit assez bouleversante pour devenir le fil conducteur de mon obsession sensible. En attendant je dérive, je me laisse porter par le courant ou flotter dans l’immobilité du vide. Je dis ce qui passe, parfois même je dis que je dis ce qui passe sans qu’il ne passe rien. Comme maintenant.

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Vendredi 9 novembre 2007

Rampe-escalier.jpg

Il reste bien peu de place. Le temps s’est raccourci. Complexus a (momentanément ?) perdu ses privilèges. Le trône depuis lequel il dévisageait le monde ne lui est plus réservé. D’une certaine manière, cette évolution était inscrite dans son programme génétique. Il n’a jamais été l’ultime but.

Il y a même eu des mouvements de rejets, un sentiment d’envahissement, la nécessité d’installer une distance : la pression du texte quotidien commençait à avoir le goût de la contrainte, le poids d’un attachement au nombre de visites. « Ils ne vont plus venir ». Sourire attendri. Et alors !? Quelle importance ?! Tu n’es qu’un blog, petit complexus, je me suis passé de toi pendant un certain nombre d’années et rien ne me rendra dépendant de ta sympathique présence ! 

Il se peut pourtant que je revienne et m’amourache à nouveau de nos petites joutes verbales du quotidien. Ou qu’au détour d’un nouvel élan, des propos d’un autre genre lui ravalent la façade. Je passais pour donner sens à mon silence, pour que la chute du graphique soit un peu moins menaçante pour complexus, lui donner l’occasion de s’expliquer. « Ils ne vont plus venir »… C’est mignon…

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Dimanche 4 novembre 2007



Nul besoin d’écrire. Je m’installe et j’aimerais tricher un peu, faire comme si. Pour le plaisir connu. Pour me retrouver dans cet état particulier, si plaisant. Pour le contentement momentané d’un petit objet créé sur le vif. Parfois les artifices d’une méthode font naître ce qui n’est pas venu spontanément. Parfois la nécessité oblige à retrouver le fil ténu de l’inspiration dans les ombres où il se cache. Parfois il y a d’autres tentations et le plaisir d’écrire est ajourné à son prochain appel.

Parfois, c’est au moment de l’abandonner qu’il surgit, le petit tremblement intérieur qui donne une substance aux mots, leur confère le poids de ma subjectivité sensible, à partir de laquelle je deviens désirant d’écriture. Sinon ce n’est que l’image de soi écrivant qui joue, et elle ne suffit pas, sa parole est creuse, trop détachée des sentiments qui nourrissent chacun de mes propos. Sans lesquels ils ne sont que du vent, désimbriqué du vivant.

A défaut, il reste le tremblement de l’absence, de l’indifférence. Face au vide, dire le vide pour qu’il ne m’avale pas, ne me réduise pas à son silence. Faire résonner le son du mot « vide » pour qu’il remplisse de sa sonorité la chambre creuse et en fasse trembler les murs. Quelques phrases qui, disant un vécu du vide, permette de l’habiter. Je me suffirai aujourd’hui de ces tremblements de surface pour combler de sens le vide de ma besace à paroles.

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Jeudi 1 novembre 2007

Motifs-complexes.jpg

Complexus.
Un pseudonyme qui voulait dire l’émerveillement face à la complexité, la valeur donnée à une vigilance qui se porte à reconnaître la présence de cette complexité en toutes choses. Pseudonyme qui suggérait la fascination face à l’œuvre d’Edgar Morin, sans se souvenir que l’espace virtuel du penseur portait la même étiquette, mais certainement influencé par ce souvenir oublié. Pseudonyme qui créait l’anonyme. 

L’anonymat.
Il est précieux : il protège.
Seul l’orgueil s’en fâche parfois, toutes les blessures d’estime qui pensent pouvoir trouver là une source de guérison sans comprendre qu’elles risquent au contraire d’être attaquées au cœur de leur sensibilité. Peut-être est-ce précisément au jour où ces blessures auront perdu de leur vivacité que l’anonymat ne sera plus nécessaire. Quand je me désintéresserai du pathos de la reconnaissance et que je me suffirai pleinement, vraiment, de ses manifestations immédiates, proches, intimes. Qui font déjà l’essentiel de ma nourriture et que je sens pouvoir me suffire, cependant qu’une faim plus grande me tenaille de son automatique pulsion, faim à laquelle je ne céderai pas. Parce que ce n’est pas dans l’affichage public qu’elle trouvera de quoi satisfaire son appétit, dans ce périmètre où une mince facette de l’identité est livrée aux regards et à leur violence de phagocytages projectifs, annulant l’autre par leurs représentations réductrices, l’enfermant dans une image non seulement simplifiée mais qui n’a plus rien à voir avec une réalité partagée – et tout à voir avec leurs réalités subjectives et inconscientes la plupart du temps. Impossible de mettre en pâture ce qui touche à l’essentiel de soi.

 
Boris.

Mon prénom. Paradoxalement livré suite au malaise ressenti à force de signer les commentaires par « complexus ». Complexus, ce n’est pas moi. Complexus est un autre, une émergence à laquelle je ne peux être que partiellement identifié. J’ai peur de la confusion, je ne veux pas m’y risquer, elle pourrait mettre à mal la colonne vertébrale, voire la moelle épinière de l’identité. Pourtant, m’adressant à quelqu’un dans un commentaire, je me sens mal de parapher ma réponse par "complexus". Peut-être parce qu’au moment où j’entre dans un dialogue, je redeviens Boris, l’être social vivant grâce à l’altérité. D’une certaine manière, complexus existe depuis longtemps, loin de tout dialogue, de tout autrui. Dès qu’autrui s’adresse à complexus, complexus redevient Boris parce qu’autrui donne vie à Boris. Et l’étiquette « Boris » préserve l’anonymat. Je redeviens une personne sans livrer pourtant ce qui pourrait être le prétexte des projections décomplexifiantes. Je suis Boris, singulier dans la sensation privée de me reconnaître par ce prénom, mais protégé derrière la multiplicité publique des Boris existants.

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Samedi 6 octobre 2007
Vision-par-brise.jpg


Des considérations orgueilleuses ont profité d’un besoin pour amplifier leur voix. Elles l’ont parasité comme des sangsues, aspirant l’essence authentique du mouvement pour en faire une liqueur enivrante et trompeuse. Dans l’élan qui poussait au changement, des forces malignes se sont glissées et ont ravi l’intention première pour y subtiliser leur propre dessein. Elles ont puisé dans les blessures d’estime des ressources d’attention, elles y ont dansé leurs charmes séducteurs et ont fait tourner la tête. L'égo séduit par leur chanson ensorcelante, les frustrations de surface pensaient trouver le réconfort dont elles vantaient les délices.

C’est le son creux des gestes qui mit la puce à l’oreille. L’agitation fébrile et insensée qui, une fois disparue, abandonnait l'être dans un espace vide de sens. Soudainement, il s'est comme réveillé d’un mauvais rêve. La lumière née dans le temps d'arrêt a dévoilé la mascarade. Maintenant, le contact perdu avec le motif premier des gestes pouvait être reconquis en se concentrant sur l'origine de l'élan.

Le nombre de lecteurs n’a pas d’importance. C’est la qualité des lectures qui est essentielle. Sans fidélité sinon celle de leur intérêt, sensible avant tout, exigeante pour le fond, espérante pour la forme. Transparente et généreuse dans son retour. La générosité n’étant pas la caresse, mais bien la vérité donnée.

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Mardi 2 octobre 2007

Entrer en résonnance sur le thème d'un être soi. Sans trop raisonner. Tel est le but.
Articuler la complexité d'une réalité simple en apparence. Sans croire tout maîtriser. Telle est l'aspiration.
Décliner poétiquement les façons dont l'identité humaine y trouve son chemin. Sans chercher à tout dire. Tel est le défi.


Un fragment réalisé de ce projet fera le plaisir de son élan.
Dédié aux belles heures perdues à rêver le monde.
Aux gestes passionnés inspirés de ces mêmes rêves.






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Complexus ?

  • : L'être soi en errance existentielle
  • complexus
  • : D'humeurs en états d'âmes, par les mots et les images, raconter le quotidien d'une rencontre sensible avec soi-même, autrui et le monde... Décliner poétiquement les façons dont l'identité humaine trouve son chemin dans la complexité d'une existence... En cherchant à traduire fidèlement le vécu intérieur, proposer un écho ouvert où chacun puisse entendre ses voix intimes...
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