Emporté par le vent, sur l’onde sinueuse et le bruit du bec qui racle la feuille. Je perçois. L’écoulement, l’éclatement, l’étalement. Viens, dit-elle, suis-moi. Rejoins-moi dans ce drap mouillé par la sueur d’un corps immobile, âcre, puise en la sève, recueille chaque goutte et fais la donc couler sur cette toile brut de papier. Ne refuse ni ne cherche. Accepte, entends et révèle, c’est ainsi qu’il se doit d’être, ton mouvement.
J’ai bu. Le goût d’olive, le songe oblige, raconte. Je ne veux plus répondre mais faire entendre. Relier l’intime au monde et parvenir sur la crête ondeuse, l’enchanteresse.
Pépites et noix, le parfum d’ébène et de réglisse, le fenouil diffusé. J’ai bu l’eau chaude modifiée. Nous ne voyons pas très bien et c’est l’illusion décidée qui illumine au mieux. La comédie chante l’émotion et te fait vibrer, dans cet espace de résonnance créé, cette distance. La voix s’étrangle dans l’émoi. Le corps sait mieux que toi. Je m’en remets au règne du non-dit pour exprimer le dépassement. Dehors enfin. Il se passe des choses. Ce que je dirige est dérisoire, somme de petits riens enchâssés dans ma mémoire, posés sur le fil du faisceau d’esprit, pour tenir debout. Ils ont lieu, là, sous mes yeux, devant moi – termes engagés dans la vie dictés par l’existence de ma présence, opalescence radieuse, je me consume en ces gestes dérisoirement dirigés. Et je ne suis pas seul, c’est l’organique commune, la danse plénière.