Par les mots et les images, témoigner d'une rencontre sensible et complexe avec soi-même, autrui et le monde.
J’y suis jusqu’au coup. Je suis cet être cassé. Méconnaissable. C’est une partie de moi qui prend le dessus. Come si je reposais tout entier sur une cheville cassée. J’ai marché, lentement, lentement, pesé de mes pas le long d’un cours d’eau qui courrait...
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C’est après, parfois, qu’il se passe quelque chose. Parfois, c’est après avoir marché qu’il se passe quelque chose. Comme cette joie, maintenant, une joie gratuite qui m’est venue soudainement, sans raison. Cette fois, justement, c’est après avoir marché...
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Rien. J’ai marché et rien. Tout le long : rien. Je marchais la tête baissée, la tête rentrée, tout à l’intérieur, rien à l’extérieur. J’aurais pu être n’importe où, à moins que le lieu y fût pour quelque chose, peut-être, en tout cas le lieu ne m’a pas...
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J’avançais dans la nuit naissante, poussé par les vents du sud, les vents chauds des continents d’autres méridiens. A l’orée d’un nouveau sommeil, une vache s’arc-boutait contre le barbelé de son champ pour grappiller, de l’autre côté, quelques brins...
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Je ne sais pas ce qu’il y a eu, mais quand je me suis arrêté à la frange de la montagne, dans l’alcôve de branches et de feuillages qui donne sur la plaine, je ne sais pas ce qui s’est passé là, insidieusement, ce n’est pas venu d’un coup – rapidement...
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Quelque chose n'allait pas ce matin. J’ai senti, sur le chemin, à l’aube, que la solitude avait passé les bornes. Fallait que je lui mette des limites, et sans tarder. J’ai causé un moment avec une imaginaire demoiselle – pas tout-à-fait imaginaire d’ailleurs....
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Toujours la mort, ici. Toujours la mort sur le chemin. Ma mort pour être exacte. Je me la prends de plein fouet, toujours sur ce chemin. Toujours elle me vient en pleine face, ma mort, lorsque je marche sur ce chemin de mon enfance. A chaque fois, elle...
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Marcher la tête pleine de pensées, de ruminations stériles, absent à tout, à moi, au paysage, au ciel. Pas envie d’être là, ni nulle part ailleurs. Emprunté dans ma peau, emprunté par la moindre décision, emprunté d’avoir à exister, d’avoir à faire quelque...
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J’attends. Non, ce n’est pas moi qui attends. C’est mon être. Ce n’est pas ma décision d’attendre. Ma vague décision, c’est de me soumettre à cette attente dont mon être est tout entier rempli. En attendant, je ne fais rien. Entendons-nous, ce rien n’est...
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