Par les mots et les images, témoigner d'une rencontre sensible et complexe avec soi-même, autrui et le monde.

Publicité

Tout ce qu'il y a à être

DSCN0860

 

Dans mes rêves, de larges étendues d'eau s'étirent sous un ciel d'un bleu limpide. Elles sont bordées de franges dorées, un sable ensoleillé et vierge. L'immensité du respirable et le vide des espaces. Ce sont eux qui sont peints ainsi, l'expression projetée de mon besoin viscéral. Repos. Territoires vacants. Vierges de toute organisation. J'avais rêvé une fois de mon balcon, passé à la chaux comme les maisonnées grecques, vidé de toute objet, le bord formant un banc immaculé qui donnait sur un ciel sans fin, d'un bleu quasiment palpable. Silence. Blanc. Brise. Rien. La même évocation. Le même besoin. La même déchirure. Dans ces rêves, je sens quelque chose dans ma poitrine, une douleur sourde, confuse, entre trop grand bonheur et soif inextinguible, soulagement inespéré en lequel je me repose et m'effondre tout à la fois. Je contemple ces images et elles semblent me cisailler l'âme, tant j'aspire à m'y noyer sans pouvoir les atteindre – surtout quand je commence à deviner que je suis en train de rêver. Elles me semblent si justes ces peintures intérieures, elles expriment si simplement ce que je ne parviens à nommer, à contacter. Et je voudrais sur le champ partir, aller vers elles, prendre la route, tout mettre entre parenthèses... transformer mon balcon! Elles indiquent si puissamment ce à quoi j'aspire ces jours sans bien le savoir. Me mettent sous le nez ce dont je ne prends pas bien soin. La fatigue d'avoir à se coltiner la complexité d'une existence de sujet, libre de s'individualiser. Où la possibilité de cette aventure se paie par la responsabilité de relever chacun de ses défis. Et d'assumer chacune de leurs conséquences. Dans mes beaux déserts oniriques, il ne me reste qu'à respirer. Je n'y peux rien faire, sinon contempler, penser, bouger, aimer, sentir.

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article