Par les mots et les images, témoigner d'une rencontre sensible et complexe avec soi-même, autrui et le monde.

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Aux commencements






































Cette lutte de chaque jour. L’incessant labeur. Les fatigues, les souffles épuisés. Pour une vie, une destinée, une passion. Pour un rêve. Combien nous y tenons, parfois sans le savoir. Et la petite fracture de molécule qui se transporte à travers notre détermination. Traversant siècles et millénaires, le bout de singe, le bout de poisson, le bout d’infini que je porte en moi. La morale d’un acte, le sens d’un geste en quoi nous dépassons la condition cellulaire, ce profit que nous tirons de ce qui profite de nous. J’aimerais que chaque être en fasse son ouvrage. Je souhaiterais que chaque être puisse se joindre au même mouvement, à la même intelligence, au même soin. Mais je ne suis pas le dernier à faillir, à ne pas réussir, à faire le contraire de ce qui est le plus important. Quel dommage, en toutes ces maladresses désolées, si seulement il pouvait y avoir pour chacun la sécurité et la subsistance fondamentales. Où en serions-nous ? Ce grand ciel bleu respire ses dernières heures de lumière, aux confins de sa pâle apparence tout a disparu. Là-bas, nous n’existons pas, et ça ne change pas grand-chose. Chaque instant compte, mais chaque instant ne peut compter. Malgré tout ce qu’on sait, l’école continue de s’appliquer à emmurer la créativité, à négliger la singularité, à empêcher la découverte, à contraindre la liberté du petit humain, formate, police, interdit. J’ai de la peine à trouver de la place dans ma configuration du monde pour ce genre de réalités, pas la plus grave, ni la moindre. Les nuages ne sont plus que des nuages. Ca ne peut être. Il y a des présences à faire vibrer, il y a des voix à faire entendre. Quelle autre joie que de participer à ce qui nous rend plus libres, plus légers, plus aimables ? Quelle autre joie que de se sentir relié aux ultimes causes de notre courte errance ? Une fois qu’à mon cœur place est donnée pour les gestes dont j’habite le monde, il ne s’inquiète plus de s’entendre battre et le voilà soucieux de faire couler son sang pour deux, pour trois, pour la multitude. Ouverture sans borne, étrange débordement. Mets-toi là où tu es bien. Accomplis le geste qui te ressemble, te rassemble, le reste coulera de source, tu commences déjà à t’oublier dans cette rencontre avec toi-même. Il n’y a pas de force à donner, à convaincre – sinon en l’aire du mensonge. Quelque part, sur les bancs d’une école, les enfants apprennent à faire connaissance avec leurs émotions, s’exercent à les exprimer, à les vivre. Quelque part, le rêve a déjà commencé son inexorable marche vers l’éveil. Et nous aurons transcendé l’égoïsme moléculaire, et le soleil pourra engloutir nos fils, nous aurons grandi la vie jusqu’au sommet de son art.

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A
Quel plaisir de te retrouver Complexus. Je retouve bien ton écriture. J'aime beaucoup ce texte et ce qu'il dit sur notre position d'être humain.
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C
<br /> Salut Anne, ton plaisir exprimé me nourrit... Je suis toujours surpris de sentir combien ces petits échanges font quelque chose de quasi essentiel... Merci d'y être<br /> !<br /> <br /> <br />