Par les mots et les images, témoigner d'une rencontre sensible et complexe avec soi-même, autrui et le monde.
Sur mon pouls retranché, je sens bien des zones nœudales. Commissaire d’infortune qui fait son enquête, je cherche les trous noirs, les champs parasités, les périmètres désolés. Librement j’ai choisi ma prison. Point ignorant de la cage qui m’enferme, j’ai aussi la science exacte de son architecture : c’est mon œuvre. Je m’y bâtis comme faire se peut. Je m’y arrange à qui mieux-mieux. Sans doute aucun, l’immense maison est encore mal habitée, et j’entends les échos des pièces vides qui supplient. Une chose à la fois, maudites aimantes, aimables dont je médis un peu, mais dire qu’il y a l’attente et l’ennui serait comme parler sécheresse au désert. On s’entend. Chaque nœud exige son art, chaque zone s’impatiente, languis dans son ombre, la désolation gagne du terrain en profondeur, assèche le sol, suce les moelles, et les murs tiennent bons. Mais la faille est entre les mains, sous les doigts s’exerçant au comble de l’agile, clefs de voute, solide permission, lourde tâche. Déjà les ruisseaux s’écoulent, filets d’or qui viennent jusqu’aux pieds des passants, rencontre immédiate qui ne file que du bon coton.