Par les mots et les images, témoigner d'une rencontre sensible et complexe avec soi-même, autrui et le monde.
Les notes continuent, dansent en veines et poitrine, font leur clarté somptueuse et se faufilent. Entre les visages tant convoités, les pactes non tenus, les urgences rougeâtres, elles tissent leur toile, leur broderie sublimée. Le cœur s’y encouble, tombe dans les montagnes de sel, les piments d’avenir, éternue devant ces soleils éclatants. Le mouvement perpétuel entre demain, ici, maintenant, hier, là-bas, aujourd’hui… Cyclique et miroir, jonglerie et lubies, jointures de sang et soudaines alchimies. Au milieu, l’art de récupérer les fragments qui s’emboitent. Il y a tant de vies dans cette minute. Facettes kaléidoscopiques, remontées somnambules et plongées diaphanes. Les mots se font aveugles pour dire l’aveuglement, ils se cachent pour révéler ce qu’ils ne savent plus voir, ils s’étouffent parce que l’oxygène vient à manquer, leurs masques, leurs tours de magie, leur détour de signification n’est qu’une façon particulière d’avaler le monde et d’en rendre l’indigeste, l’inconsommable. Nulle coquetterie à se farder d’abscons. Pauvre stratégie de pauvres moyens. Les nuages le savent bien, qui font leurs ménages anthropomorphiques, ce n’est pas pour épater la galerie, c’est pour l’extase des sens, transpercer l’opaque et s’abandonner aux indicibles. Tel est le jeu.