Par les mots et les images, témoigner d'une rencontre sensible et complexe avec soi-même, autrui et le monde.

Quelque chose à ne plus remuer. Laissé là. En nature seule. Long, long, long silence. Longue pause dans le bruit. La plénitude n’a rien de normal. Quelque vide bienvenu, repose en paix, soit-il. Ne refuse pas ce contraste, d’épaule ingénue s’appose un soupir dans le creux du ventre. Toute une vie à chercher la vie. Là dans ce rond fait point chaud doux songe molle seconde. Comme tout repose sur une même nappe de ciel et d’étendue. Là dans cette sonde moule d’enveloppe inonde vogue et coule. Mes chères minutes de vie, mes chères présences à contenir l’ensemble par un soupir dans ce ventre en creux. Mon cher corps, bienvenu d’instant, pauvre hère au sens fragiles, tiède matrice d’existence. Il fait bon respirer. Là dans cette houle pile d’axe en cycle d’ellipse retourné dans l’ouvert. Je suis par. Je suis avec. Je suis en. Je suis dans. Je suis où. Quelque chose à ne plus distinguer. Regroupé là. En commune espèce, commune nature. Le festin d’air, opulence d’espace. Suffirait-elle rondement cette respiration ? Hume le monde au parfum, parfait. Là, au sein de la foule roule l’onde matricule fronde d’esprit plein fume articule. Respiration de chair parlante. Mon cher corps. Ma chère vie. Cette rencontre du dedans. Et ces rencontres du dehors, petit nombre de contact d’humaine vibration. Chère Terre, chers peuples, comme tout compose ce grand soupir au ventre des creux. Le rassemblement horizontal, vertical : nos faims ultimes, vers la même coupole dirigés nos yeux hagards. Là, dans la coupe demi-lune socle mielleux d’argile puits sans fond doux. Hume, les constellations odorantes tombées sur nos errances. Précis précieux, précieuse prescience d’unité. Et circulent sur la nappe des membres rejoints les molécules graines d’être, nous sommes parmi, en lien, liant liés.