Par les mots et les images, témoigner d'une rencontre sensible et complexe avec soi-même, autrui et le monde.

Et si le centre n’était pas la fin des heurts, mais le début d’un autre trouble ? S’accorder n’est pas s’apaiser, pas seulement, pas toujours. Plus j’habite, moins je raisonne, mais plus je résonne. Ce qui pouvait être partiellement raisonné, maintenant résonne pleinement. Les intensités sont autant de couleurs, et les couleurs n’ont pas d’intérêt pour ma préférence. Un sentiment contenu dans la cage de la connaissance surgit tel un fauve dans l’arène du vécu, des intuitions fugaces prouvent leur véracité en s’installant dans l’expérience, d’autres appels profitent des harmoniques réveillées pour amplifier leur message. La vie n’a pas de lieu définitif. Cette bille qui roule invariablement ne sait pas déployer le tapis rouge au devant de sa course, elle va et embrasse. Elle fait avec la rencontre, honnête au contact, immédiate en sensations. Il n’y a pas de tapis rouge, je vois un continent de mystères, une planète aux mille reliefs, un ciel aux saisons n’ayant de cesse de se transformer. Le dédoublement réuni ne soigne pas tant qu’il s’en miroitait l’espoir, il ajuste seulement l’axe d’être, le pivot de rassemblement. Et si une tension disparaît, c’est pour en révéler une autre – dont l’avantage est de pouvoir s’y appartenir. Au creux du plus convoité des royaumes gisent les moins confortables appartements – huttes que le moindre des tremblements de terre, la plus faible tempête obligent à déplacer, reconstruire, modifier, réparer. Ce n’est pas un piège. Nul lieu n’est plus ouvert à la vie. Son passage. Son passage dans le notre.