Par les mots et les images, témoigner d'une rencontre sensible et complexe avec soi-même, autrui et le monde.

Mot de vapeur. Echappe au jour, à ce qui est là. Tenter dire ce qui est et langage s’évapore, s’arrêter devant la fenêtre et paysage disparaît, plus rien. T’obstines, plongeant un peu plus loin, dans la matière, l’impalpable. ---- il restera ces traces, incomplètes, éparpillées, informes, fil coupé, cailloux puis feuilles, objets puis phrases, une collection pour dire le vécu, emprunter les essences qui se communiquent pour faire l’empreinte des sens, enceintes du sens ---- Réfléchis pas trop, pense pas, trie pas. Accouche. Ma bouche. ------ On attend des siècles, et puis un seul événement suffit. Du jour au suivant, d’hier au lendemain, monde basculé, inimaginable. (Parfois la vie, parfois la mort. L’inattendu, toujours.) ----- Une peine folle à laisser venir. La tête qui cherche empêche. //// Grue immobile, feuilles scintillent le vent, céruléen ciel limpide, voisinage silencieux, Terre s’expose au soleil. Musique aimée couronne l’air, goût adoré baigne bouche, rituel où se cultive une conscience de l’endroit, où se rejoue l’ensemble, où les maladresses se nouent, piège d’être plus en volonté qu’en nécessité. //// S’aider à vivre. Aimer à vivre. Laisser avive. Attise baiser. Je m’aide à vivre, je m’empêche de vivre. Je vis à m’aider… J’aide à m’empêcher de vivre. Mais quand même, l’empêchement perd, son emprise, à mesure que l’aide agit, qu’avivent les laisser être, que s’attise le baiser vital. L’attente, longue, s’éternise, puis, d’un seul coup, l’éternité bascule, inconcevable et tant espérée, la présence de l’enfin, morte l’attente, évanouie comme les mots, s’éternise dans sa mort maintenant, vaincue, perdue derrière le mont dépassé, finie la ronde des passés, autre chose enfin, enfin c’est fait, enfin, et même plus, l’inimaginable de l’enfin fait d’inconnu plus vrai que l’attente ne l’espérait.