Par les mots et les images, témoigner d'une rencontre sensible et complexe avec soi-même, autrui et le monde.
Il y a des moments de puissance. Confiance, consistance, force. Autre regard, autre présence, autre rapport. Des moments d’intense conviction, pas une conviction d’idée, une conviction de place, d’adéquation, de juste lieu. Et tout y est. La fragilité n’a pas disparu, mais elle ne fait plus boiter, elle fait trembler un peu, elle colore la voix d’un trouble à peine identifiable, la note subtile d’un parfum. Le doute, de maître en saccages est devenu compagnon de conscience, bâton d’aveugle dans la lumière soudaine, ami de bonne écoute qui ne livre aucun conseil mais rajuste les choses à leur taille réelle, d’un simple reflet d’accueil. La souffrance ne s’est pas volatilisée, mais ce n’est plus l’enclume chevillée au mollet, c’est une cavité de résonnance qui amplifie la joie d’harmoniques sensibles, lui révèle tout son potentiel de profondeur. Le monde n’est plus un terrain par trop inquiétant pour s’y aventurer, c’est l’univers même du désiré, du désirable, la nourriture première d’une existence rendue à la vie.
Il y a des moments de bien-être. Tout simplement. Et toujours l’interrogation y fleurit instantanément. Quelle est cette balance ? Indique-t-elle le juste poids, ou révèle-t-elle la disproportion ? Une brèche s’inscrit dans le mur de ce qui n’est plus visible à force d’être là.