J’entends encore Au fond de ma carcasse, les notes faire leur gigue tragique Mouvement d’impromptu que rien ne tait. Elles me serrent le cœur, m’agitent en poétique détresse. Saignement d’œil et compression thoracique, quelque chose dans l’entre-deux comme un pont d’instant, une ligne électrique. C’est l’amoureuse pénitence, l’insatiable appartenance. Qui dépasse de loin ma portée, la mesure, et de n’y rien comprendre fait une soupe d’émoi. Ici la vie, bonjour les morts, vous n’avez encore rien vu ! Tremble monde pas né encore... Que se passe-t-il ? Qu’est-ce que c’est ? Fait la voix, l’inquiète, la terrassante, ne laissons pas ces fourmillements répandre leur inexactitude, rassemblez ce troupeau ! Dessine tes constellations dans ce monde étrange, il résistera, l’âme s’émiette inlassablement. Ce soir est d’angoisse et nul ne saura. Ton pinceau malhabile racle la toile, n’arrive à rien. Laisse, ils s’organiseront seuls, les pincements d’astres noirs. Ils se diront d’eux-mêmes.