Au creux de mon ventre il y a un feu.
S’éteint. S’allume.
Jamais au hasard.
Comme le livre qui vous vole le sommeil et celui qui vous y emmène.
Des gestes d’évidence.
Des gestes d’indifférence.
L’évidence est ce brasier qui fait feu de tout bois, ce mouvement fluide qui glisse sur les reliefs et va au-delà.
L’indifférence est cet essoufflement d’avoir à raviver les braises sans cesse, de lutter sans fin pour ce qui ne fait pas consistance dans la chair d’existence, ce qui s’avère sans poids au régime des valeurs.
Quand l’être tout entier s’anime, dans l’involontaire de sa constitution, quand il se découvre instantanément animé par ce qu’il rencontre. Quand l’écueil se transforme en défi. Etes-vous au creux de la brûlure ? Sommes-nous là où habiter s’illumine d’évidence ? Ou bien suis-je là où la différence est molle, le goût utile mais sans saveur ? Si je laisse monter la sève déraisonnable du rêve, quelle est l’image qui s’annonce ? Que vois-tu ? Que voyez-vous ?
Peut-être n’est-ce pas vain, ni fou, ni stupide, ni impossible.
Peut-être a-t-on le droit d’y croire ?
Et si j’allais là où de tout mon être l’espace et le temps prennent signification ?!
Quel autre voyage puis-je me souhaiter pour cette vie d’unique facture ?
Quel autre chemin que celui où le cœur chante et l’âme frissonne ?