Par les mots et les images, témoigner d'une rencontre sensible et complexe avec soi-même, autrui et le monde.
J’aurais aimé connaître davantage l’étourdissement auquel ta promesse m’invite.
Le voir recouvrir les ans de mon pèlerinage, chamarrés ainsi de ses monts et vallées,
Le cirque grandiose et les montages russes dont il ne se dépare jamais, d’intense nature.
Mais j’apprends une vie qui ne tient qu’à la lueur rebelle posée au fond de l’angoisse.
Je domestique un chemin sans pitié pour mes sandales de corde, mes jambes d’errance.
Peut-être sauras-tu réparer un fragment d’infini, d’un souffle apaiser les restes de ma mémoire.
Ta main possède-t-elle l’art qui saura rendre à la félicité ce ventre affamé, cette âme nue ?
Nous grandirons de n’avoir pour langage que celui qui précéda nos esprits, au faîte des silences.
Je sais le lac artificiel qui retient les eaux de mon trouble, la masse contenue, le don en attente.
Je sais le poids des roches qui gisent au fond, tout cet or qui ne peut briller qu’au sourire de ton regard.
Pour jouer cette scène, nous grandirons d’avoir à se rejoindre aux archaïsmes de nos intelligences.
C’est de retour aux plus élémentaires conditions que nous toucherons le cœur vivant des choses,
Et l’acmé de nos sentiments sera peut-être le lieu d’une révélation, d’un éveil, d’une transition.