Sur les dunes d’oubli, nous jouerions comme deux enfants du soleil, resplendissants. La lumière caresserait tes jambes et sous le nombril épanché ta respiration. Graciles, soutenus par le vent immortel, nous serions le baiser de l’existence, l’oraison charnelle. Je chercherais toujours et encore, dans un rire, la parole sans laquelle ton frisson se meurt. A vue d’oiseau, pas une branche où se poser pour le long vol éperdu de mon désir. Viens là, sous l’aisselle nue, poser le ruisseau de tes baisers, l’ombre de ton regard. Il n’y a pas assez d’infini pour que s’étende à l’aise mon souffle alangui, ma sueur folle. Pas assez d’infini pour contenir le poison des yeux qui dévisagent tendrement ta bouche. Les couleurs pourpres et longues sur les herbes couchées aux vagues lentes – un ventre aimé. Sous la peau tendue de mauve et de bleu délivrant la brise laiteuse d’immense – un ventre aimant. Je continue de croire aux horizons, détenus d’attente, soupçons de nos délivrances, graves. Et tu continues d’exister, à l’abri des jours qui connaîtront cet indicible lien d’ensoleillement.