Par les mots et les images, témoigner d'une rencontre sensible et complexe avec soi-même, autrui et le monde.

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La part sublimée



D’être si pris près, c’est d’être si près qui me rend fou, me fait perdre les pédales. Je perds la raison à frôler ainsi le rêve, la consistance si proche du rêve prenant corps. Ce songe aux limites de l’incarnation me fait perdre les pédales, il électrise ma pensée au-delà du raisonnable, les fantasmagories oniriques dérapant continuellement sur tout ce qui est là et qui n’est pas encore cela. Les fluides du songe s’immiscent par tous les interstices du réel et me voilà flottant dans la consistance spongieuse et floue d’un réel irréel, d’un corps en rêve, fébrile sous le courant des pensées électriques, flottant dans la consistance d’un corps assiégé d’images. Ces images qui s’installent entre mes yeux et le réel me coupent du contact immédiat avec les choses comme elles sont. Je n’y vois plus clair, je confonds, je perds pied. D’être si près m’éloigne, me déroute, me perd. De toucher presque à la peau du rêvé me met hors de moi, me fait sortir de ma peau, de moi je n’ai plus la peau, plus les sensations, troublées par l’électricité de ma déraison, évanouies derrière la poésie qui s’emballe, pollue la prose de mon immédiateté, la justesse de ma présence. De moi je n’ai presque plus que le rêve, la part sublimée, tout le sublime du rêve pénétrant sans mesure la réalité des choses, les inondant d’un merveilleux qui n’est pas le merveilleux des sensations, mais le merveilleux des histoires qui se racontent sous le fil électrique de ces pensées en délire. De ma présence il ne me reste presque plus que l’éther dématérialisé, l’évanescence du songe où tout n’est qu’illusion, portrait fantastique d’une vie rêvée, tandis que la vie vécue s’éloigne à mesure que la masse des illusions s’installe. D’être si près, c’est d’être si près qui m’éloigne tant, me tient à distance, c’est le rêve d’être plus près encore, plus près déjà, c’est ce rêve qui tient à l’ombre de son corps spongieux la sensation de mes désirs, le contact vrai de ma peau. A la déraison illusoire du corps envahi de rêve, se substituera finalement l’apaisement d’un contact véritable, peut-être si loin que le rêve en mourra à jamais, peut-être si proche que le corps en rêvera pour toujours.


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S
Comme je me sens proche de ces mots... comme je me sens proche de ce rêve...<br /> <br /> Oui, sublime sublimé.<br /> Jusqu'à cette dernière ligne, où la beauté, aussi palpable qu'inaccessible atteint son apogée.
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C
<br /> Merci S, je t'attendais au coin de ce texte, me suis pas trompé ;-)<br /> <br /> <br />
L
Cette part absolue avec un E.
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C
<br /> ah les coquilles sur commentaires... :-)<br /> <br /> <br />
L
Sublime !<br /> <br /> Oui, quand le rêve devient palpable, c'est que la folie n'est plus très loin, mais quel plaisir de sentir cette part absolu du bout des doigts...
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C
<br /> Entre plaisir et folie, jouissance et vertige, oui, avec la rassurante conscience de pouvoir observer ce qu'il se passe ! ;-) merci LuNa<br /> <br /> <br />
B
Combien de mots reste à dire à l'aurore pour que le soir ne soit pas contrit à dormir sur l'oreiller de l'illusion ?<br /> Est-ce à être plus loin que l'on est plus proche... de soi, de l'autre, ou est-ce à toucher ?<br /> Un corps envahi de rêves, dis-tu ; la vie toute entière en est un, non ? Il s'agit probablement de malaxer la matière.<br /> Ta ballade est sensuelle parce qu'elle touche à l'inexprimé du senti. Chaque sommeil nous transforme en étoiles. Te lisant, j'éprouve cette sensation que d'être une balle de ping-pong rebondissant indéfiniment du songe au réel et du réel au songe.
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C
<br /> Rêve... encore une fois, il faudrait s'entendre sur le terme pour être sûr de parler des mêmes choses, du florilège de significations que chacun de nous y entends. Je ne voudrais pas trop entrer<br /> dans des considérations philosophiques (c'est l'impression que je tire de ta question sur "la vie entière")... J'aime recevoir ta sensation de balle de ping-pong, elle me parle - même si c'est sans<br /> doute légèrement différent de ton intention ! et même si, sensation, elle est sans aucun doute tissée des rêveries de l'imagination ! ;-) Et trouve ta première question très belle.<br /> <br /> <br />