Par les mots et les images, témoigner d'une rencontre sensible et complexe avec soi-même, autrui et le monde.

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Un dernier souffle cosmologique (2/2)



Tout, autour de moi, là-haut, respirait mon absence. Les herbes continueraient de trembler sous les étoiles, ces chamois surveillant ma silhouette insolite resteraient dormir à l’abri d’un sous-bois, le vent passerait encore entre les barbelés muets, tandis que je serais descendu au monde qui me semblait alors plus étrange que cet univers qui me tenait à distance. Les lumières de la ville, en contrebas, brillaient d’une pâle absurdité, les routes s’effilaient vers des nulle part insignifiants, le murmure qui montait de la civilisation faisait un bruit trouble à mes oreilles perturbées par tant de silence. Que se passait-il là-bas, de quel sens s’agitaient les mouvements d’un si capable animal ? Je n’aurais trop su répondre alors. Il y avait quelque chose de péniblement étranger à appartenir à ce monde là, grouillant dans la vallée, plutôt qu’à celui où je me trouvais, caressé par le vent, le silence, le crépuscule, violenté par le vent, le silence, le crépuscule. Il y avait quelque chose de déchirant à sentir la distance, le trouble, les indéchiffrables échos de ce silence tumultueux. Quelque chose de déchiré dans cette chair faite d’esprit, cet esprit fait de chair. J’étais choqué par autre chose que cette lune déchirante, j’étais choqué sans pouvoir le nommer, mais je l’identifie bien maintenant, choqué par la pauvreté, la fragilité, la minceur du sens qui me tient dans cette vie. Une trop fine couche de conscience pour tenir à la densité infinie de l’existence, frêle couche de glace sur laquelle avance le monstre inhumain de mon humanité, trop fine pour tenir à l’innommable des secondes sur lesquelles se tient mon corps d’esprit, ma possibilité d’être, vacillant sur le maigre fil d’instants, tandis que les années épongent les traces de nos passages à la surface de ce monde fini. Et nous nous battons pour quoi ? Et nous faisons ce que nous faisons pour quoi ? Pour qui ? Pour quelle valeur, quel sens ? Mais pourrions-nous seulement tenir au seuil de pareilles forces corporelles, de pareilles exigences spirituelles ? Nos esprits de chair, nos chairs d’esprit sont-ils faits pour se coltiner cela, sommes-nous préparés à subir l’assaut infini de ces caresses et de ces morsures aux forces illimitées ?




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V
<br /> Beau texte.<br /> Bien à vous<br /> <br /> <br />
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C
<br /> Merci virtuelle, à bientôt par chez vous<br /> <br /> <br />
B
<br /> Le bonheur dans sa quête nous construit-il ou nous dilue t-il ?<br /> Vivre s'interpelle sans doute en toutes les langues : celle de la sensation, celle de l'esprit, celle de la révolte et/ou de l'acceptation, et bien d'autres encore.<br /> " Quelque chose de déchiré dans cette chaire faite d'esprit, cet esprit fait de chair..."<br /> Ho que oui !<br /> <br /> <br />
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C
<br /> Je m'attendais à te voir rebondir en ces terrains déchirés ! ;-) En toutes les langues oui, mais chacune ayant sa sonorité, ses résonnances, et chacun y élisant ses<br /> préférences, ses accointances, plus ou moins longues ou transitoires... n'est-il pas ?!<br /> Se construire dans la dilution, se diluer dans la construction...<br /> Merci pour ce rebond !<br /> <br /> <br />