Par les mots et les images, témoigner d'une rencontre sensible et complexe avec soi-même, autrui et le monde.

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Où je me trouve et me perds (2/2)



Pour la première fois aujourd’hui, j’abandonne un instant le face-à-face aveuglant qui me confronte à la blanche et impénétrable lueur de mon sentiment pour regarder dans le blanc des yeux celle qui pourrait bien être à la source de cette confusion : ma croyance. La croyance qui dessine un chemin depuis ce lieu où l’indicible m’effleure, qui voudrait tirer un sens de cet espace aux significations troubles, c’est peut-être elle, finalement, qui suscite le trouble de ces interrogations aux boucles infinies. Oui, peut-être que cette impression d’une voie à suivre, n’est qu’une façon de donner du sens à ce qui, une fois de plus, est difficile à habiter comme c’est. Je crois toujours qu’arrivé là, dans cette humeur si bonne et si inquiète, il me faille comprendre la forme qui se donne à voir pour la transposer sur celle de ma vie, pour m’en inspirer et donner le mouvement d’une nouvelle existence. Mais l’image est si pauvre : dunes d’herbes, soleil couchant, vent doux. Ce n’est qu’un lieu de paix totale, un lieu de vacances du monde, où l’oubli s’empare de presque tout, où il ne reste qu’une présence organique, amoureusement organique, et follement pleine. Une vie dans la nature, sous le soleil et le vent, en un lieu d’espace grand ouvert sur le ciel et la terre. Un lieu délivré, tout simplement. Mais de quoi ?!


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M
<br /> Peut-être délivré de l'attente pour "qui sait patienter". Peut-être aussi a-t'il fallu ce moment où "l'oubli s'empare de tout" pour mieux apprivoiser, sans en avoir précisément conscience, ce qui a<br /> suivi et ce coeur fin prêt à bondir en poitrine. En somme, s'abandonner un jour pour mieux recevoir le lendemain.<br /> <br /> <br />
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C
<br /> Délivré de l'attente, oui, c'est très juste... Sauf que si tu fais allusion au texte suivant, j'avoue que j'ai passablement d'avance sur ces textes et que ceux<br /> d'"effleurements" datent de plusieurs jours et ceux des "mots de l'aurore" de plusieurs semaines maintenant ! Mais ça dénote une lecture pour le moins attentive et "liante" ! ;-) Et ça n'enlève<br /> rien à "s'abandonner un jour pour mieux recevoir le lendemain", que je cautione très volontiers !<br /> <br /> <br />
S
<br /> De quoi ? Eh bien du sens, justement... Ce sens qu'on donne soi-même, immanquablement au monde et à sa propre existence: on ne peut faire autrement pour vivre, car si le sens nous déserte<br /> durablement, on meurt... La jouissance de la seule présence organique, immédiate, est celle de l'animal; à expérimenter de temps à autre, mais on ne peut y exister longtemps, me semble-t-il...<br /> <br /> <br />
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C
<br /> Sophie, vous savez ma totale adhérence au "soi-même comme un autre" de Ricoeur, l'incessante construction de ce fil de sens fait d'ailleurs partie de mes<br /> représentations fondamentales de l'identité, du processus identitaire... Cependant, votre proposition m'a profondément interrogé, par rapport aux circonstances où vous la poser. Il me faudra<br /> retourner aux effleurements de cet espace particulier, pour le questionner semblablement, mais je peux déjà dire que ce qui est étrange c'est que cette absence d'historicité, oui de sens peut-être,<br /> où je me trouve, semble pourtant regorger d'un sens ultime comme porté au bord des lèvres et que je ne parviens pas à saisir, malgré qu'il me semble plus dense que tout autre... J'aimerais déjà<br /> réussir à mieux sentir ce que je sens, avant d'en tirer des élucubrations philosophiques. Merci pour cette nouvelle question.<br /> <br /> <br />