Par les mots et les images, témoigner d'une rencontre sensible et complexe avec soi-même, autrui et le monde.

Pour la première fois aujourd’hui, j’abandonne un instant le face-à-face aveuglant qui me confronte à la blanche et impénétrable lueur de mon sentiment pour regarder dans le blanc des yeux celle qui pourrait bien être à la source de cette confusion : ma croyance. La croyance qui dessine un chemin depuis ce lieu où l’indicible m’effleure, qui voudrait tirer un sens de cet espace aux significations troubles, c’est peut-être elle, finalement, qui suscite le trouble de ces interrogations aux boucles infinies. Oui, peut-être que cette impression d’une voie à suivre, n’est qu’une façon de donner du sens à ce qui, une fois de plus, est difficile à habiter comme c’est. Je crois toujours qu’arrivé là, dans cette humeur si bonne et si inquiète, il me faille comprendre la forme qui se donne à voir pour la transposer sur celle de ma vie, pour m’en inspirer et donner le mouvement d’une nouvelle existence. Mais l’image est si pauvre : dunes d’herbes, soleil couchant, vent doux. Ce n’est qu’un lieu de paix totale, un lieu de vacances du monde, où l’oubli s’empare de presque tout, où il ne reste qu’une présence organique, amoureusement organique, et follement pleine. Une vie dans la nature, sous le soleil et le vent, en un lieu d’espace grand ouvert sur le ciel et la terre. Un lieu délivré, tout simplement. Mais de quoi ?!