Par les mots et les images, témoigner d'une rencontre sensible et complexe avec soi-même, autrui et le monde.

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Vitale confusion



Les feuilles des arbres qui commencent à tomber. Je regarde. Le défilé des saisons m’apparait dans sa consistance, depuis cette lumière dehors, douloureusement belle, jusqu’aux frissons qu’il fait courir sur mes bras. Je pense à ma vie, aux changements qui se dessinent, à ceux qui ont lieu. Je me demande où je vais, où ça va. Je regarde les gens dehors, marionnettes de chair, et j’ai soudainement une tendresse pour chaque visage, chaque démarche, même les plus grotesques, même les plus arrogantes, il m’est tout d’un coup impossible de ne pas être touché par la vulnérabilité qui s’y cache, par les peurs et les souffrances qui soutiennent ce qui rend celles-ci regrettables. Chacun de ces êtres m’apparait dans toute la densité de son destin, tout le mystère de son chemin.  De partout, ils vont et viennent, sans arrêt un nouveau visage se présente, une autre vie s’annonce. Et, c’est vrai, je ne sais pas pourquoi, mais d’effleurer ainsi ces vies, je sens là, tout d’un coup, que ça me fait une drôle d’émotion. Je ne sais pas bien ce que je frôle à l’instant, ne saurais encore dire ce qui vient me toucher ainsi, me remuer jusqu’aux tripes, soulever ma poitrine d’un sanglot, tout est trop confus pour que je puisse dire clairement ce qui me heurte tendrement et vient humecter mes yeux d’une sympathie qui semble sans frontières, sans critères, qui ne ferait la différence entre aucun. Je me méfie de ces beaux sentiments. Non pas que cette tendresse me fasse honte ou me gêne, mais je me demande dans quelle mesure la confusion m’empêche de distinguer ce que je vois exactement, à travers ces étrangers, si ce n’est pas moi que je vois en eux, si ce n’est pas pour moi que je m’épanche ainsi sur le sentiment tragique d’exister. Que vois-je vraiment ? Je vois des vies singulières, ramenées à leur étrangeté et à leur petitesse, à la tragédie et la beauté dont toute vie est pétrie. Par le nombre qui s’impose à moi, je suis ramené à mon insignifiance numérale ; par leur étrangeté je suis ramené à la solitude qui paradoxalement nous relie ; par l’anonymat de leurs visages je suis ramené à la fois à tout ce qui de moi n’est pas connu et au précieux des liens qui ont fait, font ou feront sens dans ma singulière, petite, étrange vie, mon anonyme, mon insignifiante, ma tragique et belle existence. C’est moi que je vois en eux, c’est pour mon compte que j’émeus ainsi, sous l’excuse d’une belle et douloureuse empathie. Pourtant ne serait-ce pas de ce lieu où les impressions se mélangent, où ce qui de l’autre ne peut être ignoré comme m’appartenant aussi, où ce qui me fait se réunit également en chacun, ne serait-ce pas de là, précisément, qu’il devient possible de cheminer vers un respect, une considération, une attention sensible pour tout ce qui pourrait sinon nous laisser indifférent, défiant, distant ?

 


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A
<br /> Cela faisait longtemps que je n'étais pas venue chez toi ou chez les autres bloggeurs. Je suis contente de retrouver ton univers. J'aime beaucoup ce texte là en particulier.<br /> <br /> <br />
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C
<br /> Bienvenue Anne pour ce retour aux pénates bloguiennes ! et merci<br /> <br /> <br />
B
<br /> Je respire ma propre odeur et transpire celle des autres !<br /> Regard d'acuité où se mélangent torpeur et beauté. J'existe !<br /> Tes ballades s'agrandissent... Toi aussi, sans doute.<br /> <br /> <br />
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C
<br /> J'espère, chaque jour un peu... ;-)<br /> merci !<br /> <br /> <br />
P
<br /> J'aime bien cette image... 3 histoires en une...<br /> <br /> <br />
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C
<br /> Bien content qu'elle te plaise !<br /> <br /> <br />