Par les mots et les images, témoigner d'une rencontre sensible et complexe avec soi-même, autrui et le monde.
Tu t’épelles en d’autres noms, calligraphie magique fait des formules et métamorphose ton visage. Sans doute pourrait-on renoncer à bien des choses. Et la musique ensorcelle ta raison, tu vois des mirages et tu les touches du doigt, vivants. Tu t’agrippes au monde et il y a comme un vertige dessous, une terrible apesanteur. Un effondrement. --- J’attends, je crois que j’attends. Au fond, je crois que j’attends. J’attends un visage, une voix, un appel. J’attends qu’on me dise d’entrer, de m’avancer. J’attends qu’on m’appelle, qu’on dise mon nom, j’attends cette voix qui m’interpelle et m’invite. Oui, vraiment, c’est ça, au fond, j’attends la voix qui m’appellera --- les ressors de lumière font des yoyos d’espace et de respiration. Ca dégueule dans les virages, tournis de travers et nausées d’ivresse, comme la beauté et la fraîcheur peuvent retourner un ventre même bien accroché. Aux quatre coins du monde que ça tire les membres – torture d’antan remise au goût du jour. Peur peu que le monde aie des coins --- il y en a qui comptent, il y en a qui fauchent, il y en a qui racontent, il y en a qui soignent, il y en a qui glissent, il y en a qui courent, il y en a qui protègent, il y en a qui décident, il y en a qui trucident, il y en a qui dessinent, il y en a qui dirigent, il y en a qui subissent, il y a en qui cherchent, il y en a qui respirent tout juste --- c’est une sacrée putain drôle de situation, cette planète. Déchirements concaves de trouvailles, explosions convexes d’exterminations, imagine un instant tes empreintes phosphorescentes sur la mappemonde, depuis ta naissance jusqu’à ce jour, imagine le dessin, le serpent luminescent.